Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le constitutionnalisme allemand qui régule l’équilibre des pouvoirs, entre le Centre et les Länder, entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire, est certainement enviable au regard des limites que d’autres pays européens rencontrent dans leur propre fonctionnement démocratique. On ne peut que mettre en exergue les vertus éthiques de la Loi Fondamentale allemande qui intime, à chaque citoyen allemand, de lutter, individuellement, contre toute résurgence du nazisme. Les juges de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe seraient-ils les seuls à ne pas devoir suivre cet appel à la résistance citoyenne contre toute résurgence nazie ? Car il est permis de se poser la question depuis le résultat des élections européennes de mai dernier. Pour la première fois, un néo-nazi a été élu au Parlement Européen. Il s’appelle Udo Voigt. Et il y a pire car lors de la composition des commissions, cette semaine, ce député est même parvenu à intégrer la Commission des libertés civiles, justice et affaires intérieures.

Ce qui est clair c'est que nos droits sont défendus par un homme qui n’est autre que l’ancien président (1996-2011) du PND, le Parti National Démocrate, formation néo-nazie que l'Allemagne ne parvient pas à interdire. Un homme nostalgique d’Hitler qui n’a cessé de glorifier les Waffen SS et flirté constamment avec le négationnisme. Et tout cela est du fait de laCour Constitutionnelle de Karlsruhe qui avait décidé au printemps de faire sauter la barre des 3%, d’ordinaire requise pour une formation politique pour obtenir des élus au Parlement Européen. Avec 1% des suffrages, Udo Voigt a ainsi pu faire son entree et son nid à Strasbourg. Il est bon de rappeler que cette même Cour a fixé la barre pour entrer au Bundestag à 5%. Vigilance en Allemagne, laxisme en Europe. C’est une dôle de lecture de la Loi Fondamentale, pourtant si lumineusement explicite sur la défense des principes et des valeurs.

L'Allemagne franchit-elle le pas du constitutionnalisme démocratique au nationalisme constitutionnel? Question fondamentale à se poser alors que passage se pressentait suite à quelques décisions aux contours pour le moins protectionnistes,  prises durant la gestion de la crise de l’euro. C'est bien douloureusement que cela ce confirme aujourd'hui... Alors nous devons exprimer notre colère et douleur de voir cet individu, ce Néo-nazi en charge de défendre les droits de l’homme au sein de l’Union Européenne, profiter de ces manœuvres de la Cour de Karlsruhe! 

Aujourd'hui des partis ouvertement d'extrême droite disposent de sièges et de voix dans le nouveau Parlement européen. C'est une honte.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :