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La Municipalité ce week-end célèbre le centenaire de la première guerre mondiale avec un ensemble de cérémonies auxquelles participent nos villes jumelées . Nous recevons nos amis de Belgique, d'Italie et du Sénégal. Nous regrettons l'absence de nos amis portugais et également de nos amis d'Ukraine... Demain dimanche nous nous rendrons à Trucy ce village martyr que Fontenay a aidé à se reconstruire dès la fin de la guerre. 

En cet après -midi de samedi nous avons eu une réunion de travail très dense et avons rejoint la Maison des Associations pour y rencontrer sur leur stand les responsables de nombre d'entre-elles. L'accueil a été chaleureux. Un travail de fond va s'élaborer avec notre mouvement associatif pour participer et développer notre action internationale de solidarité. Je n'ai rencontré aucune association qui puisse manifester une colère envers notre municipalité, c'est même le contraire que j'ai constâté et cela en contradiction totale avec le torchon distribué par un ancien candidat épaule par son lieutenant nous accusant d'étrangler financièrement le milieu associatif et trouvant dans l'action gouvernementale les certes d'un soutien très fort au mouvement associatif. Pendant que ce duo s'exerçait à nous dénigrer et à condamner l'évidente volonté municipale d'agir toujours plus avec les associations - cela se verra encore une fois de plus avec en novembre la quinzaine de la solidarité internationale qui bénéficie de tout notre soutien - nous travaillons et ce matin au carré militaire du cimetière j'ai prononcé au nom de la municipalité ce discours d'appel à la paix dans le cadre de notre cérémonie de commémoration de la première guerre mondiale. 

 

 " Mesdames et Messieurs les élus. Mesdames et Messieurs les représentants des Associations, chers amis.

Il y a cent ans dans l'inconscience et sous la responsabilité d'états et d'impérialismes conquérants et orgueilleux l'Europe, le monde allait basculer dans un enfer de violence jamais atteint. Je voudrais évoquer ici en quelques mots le grand absent de cette déflagration qui paya de sa vie sa lucidité, son engagement à tout mettre en œuvre pour que le sombre cauchemar annoncé ne vienne à jamais troubler nos consciences, broyer nos vies. Je veux qu'à jamais ne puisse s'effacer l'humanisme, l'âme pacifiste de Jean Jaurès. Lucide il avait tout prédit lorsqu'il affirmait que dans l'escalade des provocations, je cite: " Chaque peuple paraît à travers les rues de l’Europe avec sa petite torche à la main et maintenant voilà l’incendie. " Et en guise d'ultime appel dans son dernier discours " Quoi qu’il en soit, Citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et, de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs cœurs écarte l’horrible cauchemar."
L'orage s'est abattu et quatre années durant la foudre, le feu, la boue, les gaz, le sang, le froid, la peur, l'effroi, la faim, l'apocalyptique folie des hommes a établi son empire d'atrocité. 
Je ne reviendrais pas, nous en aurons le temps demain à Trucy, village martyr, d'évoquer le quotidien des soldats. Nous aurons le temps de mettre en avant l'internationalisation de cette guerre. 
Je veux aujourd'hui appuyer sur ce qui fait encore mal et qui obscurément se refuse à être évoqué. Jaurès pressentait la prolétarisation du conflit et voulait éveiller les consciences de classe pour sortir de la torpeur et refuser cette violence dont les peuples allaient devoir payer l'effroyable prix. 
Je veux en quelques mots évoquer non pas le front et ses tranchées mais ces territoires occupes du nord de la France, de la Belgique. Populations civiles occupées, en otage. Femmes violées, villes et villages affamés et surtout populations déportées et creation de camp, camp de concentration. Ce que nous allions connaître vingt ans plus tard était pour une part déjà institué dans ces territoires. 
Je veux évoquer le rôle des femmes dans cette guerre qui ont remplacèrent dans toutes les tâches de la cité les hommes au front. Il faut penser à cette misère ouvrière, aux enfants délaissés et orphelins, aux veuves ( 600000 ) dont les pensions n'étaient que le quart du salaire le plus bas de la fonction publique. Il faut penser à ce cortège misérable de millions de mutilés.
Cette guerre a atteint pour la démembrer la nation dans son entier.
Mesdames et Messieurs avant de nous quitter et de rejoindre demain Trucy il est indispensable avec le témoignage et la présence de nos villes jumelles de mesurer combien cette guerre s'était répandue comme un cancer avec ses métastases pour nous anéantir. Je veux saluer la souffrance de la Belgique outragée, le courage de nos frères italiens. Et c'est particulièrement vers mes amis sénégalais que je me tourne pour évoquer leur contribution dans des conditions difficiles souvent indignes à ce conflit.
Nous avons tous ici envers ces hommes et ces femmes de 14/18 une dette: celle du souvenir, celle du travail de la mémoire et de la transmission, celle pour les générations à venir de cultiver ce bien précieux qu'est la Paix
."


 

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