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Maximilien Robespierre:

D'abord, apprenez que je ne suis point le défenseur du peuple ; jamais je n'ai prétendu à ce titre fastueux ; je suis du peuple, je n'ai jamais été que cela, je ne veux être que cela ; je méprise quiconque a la prétention d'être quelque chose de plus.
Histoire de Robespierre, Ernest Hamel, éd. Chez l'auteur, 1866, t. 2, p. 64

 

Pour faire suite à un dialogue de sourd sur un réseau social engagé avec un survivant du PS local et groupie inconditionnel du trio réformiste libéral Hollande/Valls/Cambadelis réduisant Maximilien Robespierre à l'image caricaturale d'un névropathe sanguinaire. Je ne veux en rien donner l'impression de vouloir adoucir cette phase de Terreur de la Révolution Française mais bien plus rendre à Maximilien Robespierre ce qui lui appartient c'est à dire une œuvre politique visionnaire toujours soucieuse d'asseoir le principe de la gouvernance républicaine. À cet effet donc j'ai rassemblé un ensemble de discours et d'interventions à la tribune de l'Assemblee qui soulignent l'apport fondamental de Maximilien Robespierre. Je sais qu'il n'y a que les esprits obtus - ignorants de son œuvre et se contentant de cette facilité d'avaler les idées reçues - que je ne parviendrais pas à convaincre mais l'essentiel n'est-il pas que la République, les chercheurs et historiens, ne maintiennent ce corpus républicain dont la place est primordiale à l'heure où la République faisait ses premiers pas en des heures troubles, cernées d'oppositions, mettait en chantier ce qui aujourd'hui est notre démocratie?

 

Place donc à la lecture...

Discours contre le véto royal, absolu ou suspensif, 21 septembre 1789

Celui qui dit qu'un homme a le droit de s'opposer à la Loi, dit que la volonté d'un seul est au-dessus de la volonté de tous. Il dit que la nation n'est rien, et qu'un seul homme est tout. S'il ajoute que ce droit appartient à celui qui est revêtu du pouvoir exécutif, il dit que l'homme établi par la Nation, pour faire exécuter les volontés de la Nation, a le droit de contrarier et d'enchaîner les volontés de la Nation ; il a créé un monstre inconcevable en morale et en politique, et ce monstre n'est autre chose que le veto royal.


Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 87




Discours contre la loi martiale, 21 octobre 1789


Si nous ne nous réveillons, c'en est fait de la liberté. On vient de vous demander des soldats et du pain, et pourquoi ? C'est pour repousser le peuple dans ces moments où les passions des grands cherchent à faire avorter la révolution actuelle. Ceux qui veulent l'exciter ont prévu qu'ils en feraient usage contre vous ; ils ont prévu que les émotions populaires seraient un moyen propre à vous demander des lois qui pourraient opprimer le peuple et la liberté ; quand le peuple meurt de faim, il s'attroupe, il faut donc remonter à la cause des émeutes pour les apaiser.
Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 31

Intervention à l'Assemblée constituante contre le suffrage censitaire, 22 octobre 1789
Tous les citoyens quels qu'ils soient ont le droit de prétendre à tous les degrés de représentation. Rien n'est plus conforme à votre Déclaration des Droits, devant laquelle tout privilège, toute distinction, toute exception doivent disparaître. La constitution établit que la souveraineté réside dans le peuple, dans tous les individus du peuple.
Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 32

Intervention à l'Assemblée constituante sur le droit de vote des Juifs, 23 décembre 1789
On vous a dit sur les Juifs des choses infiniment exagérées et souvent contraires à l'histoire. Comment peut-on leur opposer les persécutions dont ils ont été les victimes chez différents peuples ? Ce sont au contraire des crimes nationaux que nous devons expier, en leur rendant les droits imprescriptibles de l'homme dont aucune puissance humaine ne pouvait les dépouiller. On leur impute encore des vices, des préjugés, l'esprit de secte et d'intérêt les exagèrent. Mais à qui pouvons-nous les imputer si ce n'est à nos propres injustices ? Après les avoir exclus de tous les honneurs, même des droits à l'estime publique, nous ne leur avons laissé que les objets de spéculation lucrative. Rendons-les au bonheur, à la patrie, à la vertu, en leur rendant la dignité d'hommes et de citoyens ; songeons qu'il ne peut jamais être politique, quoiqu'on puisse dire, de condamner à l'avilissement et à l'oppression, une multitude d'hommes qui vivent au milieu de nous.
Être juif dans la société française du Moyen-Âge à nos jours, Béatrice Philippe, éd. Complexe, 1997, p. 143

Intervention à l'Assemblée constituante sur le droit de vote des comédiens, 23 décembre 1789
Je ne crois pas que vous ayez besoin d'une loi au sujet des comédiens. Ceux qui ne sont pas exclus sont appelés. Il était bon cependant qu'un membre de cette assemblée vînt réclamer en faveur d'une classe trop longtemps opprimée. Les comédiens mériteront davantage l'estime publique quand un absurde préjugé ne s'opposera plus à ce qu'ils l'obtiennent : alors les vertus des individus contribueront à épurer les spectacles, et les théâtres deviendront des écoles publiques de principes, de bonnes mœurs et de patriotisme.
Robespierre : entre vertu et terreur, Slavoj Zizek, éd. Stock, 2008, p. 83-84.

Sur le droit de résistance à l'oppression, invoqué en faveur d'une émeute ouvrière à Toulon, 16 janvier 1790
S'il est des insurrections justes et généreuses, celle où le peuple repousse la force par la force est sans contredit de ce nombre, et si vous condamniez son énergie en de pareilles circonstances, vous seriez ses premiers oppresseurs.
Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 33-34

Discours de Robespierre sur le marc d’argent, 25 janvier 1790
La loi est-elle l'expression de la volonté générale lorsque le plus grand nombre de ceux pour qui elle est faite ne peuvent concourir, en aucune manière, à sa formation ? Non.
Maximilien de Robespierre, 25 janvier 1790, à l'Assemblée constituante, dans assemblee-nationale.fr.

Contre le rapport en faveur d'une nouvelle loi martiale, présenté par Mirabeau et Le Chapelier, le 18 février 1790, 22 février 1790
Devons-nous déshonorer le patriotisme en l'appelant séditieux et turbulent et honorer l'esclavage par le nom d'amour de l'ordre et de la paix ?...Ne souffrons pas que des soldats armés aillent opprimer de bon citoyens. Ne mettons pas le sort de la révolution entre les mains des chefs militaires.
Triomphe et mort du droit naturel en Révolution, 1789-1795-1802, Florence Gauthier, éd. PUF/ pratiques théoriques, 1992, p. 60

Discours de Robespierre sur les droits à la liberté du peuple corse, prononcé à la société des Amis de la Constitution, 26 avril 1790
Le jour où la Société des Amis de la Constitution reçoit les députés du peuple corse est pour elle un jour de fête . Déjà messiers elle vous avait exprimé ses sentiments quand, pour admettre dans son sein M. Paoli, elle suspendit les règles ordinaires qu'elle s'est prescrites. C'est un hommage qu'elle a rendu à la liberté dans la personne de l'un de ses plus illustres défenseurs.
Triomphe et mort du droit naturel en Révolution, 1789-1795-1802, Florence Gauthier, éd. PUF/ pratiques théoriques, 1992, p. 159

Discours de Robespierre sur le droit de guerre accordé au roi, 15 mai 1790
Si vous décidez de cette question, conformément aux prétentions de la cour, vous devez craindre qu'une guerre étrangère ne soit une machination formée par les cours ou par les cabinets ministériels contre les nations, dans le moment où la nôtre a reconquis sa liberté, et où les autres sont peut-être déjà tentées d'imiter ce grand exemple.
Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 39

Discours de Robespierre sur le plan de constitution du clergé, 31 mai 1790
Je me bornerai à rappeler en deux mots les maximes évidentes qui justifient le plan du comité. Ce plan ne fait autre chose que consacrer les lois sociales qui établissent les rapports des ministres du culte avec la société. Les prêtres, dans l'ordre social, sont de véritables magistrats destinés au maintien et au service du culte. De ces notions simples dérivent tous les principes. 
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 142

Contre la motion de Mirabeau de déclarer le prince de Condé traître à la patrie, 28 juillet 1790
S'il fallait un exemple exclusif, faudrait-il tomber sur un homme qui, attaché par toutes les relations possibles aux abus en tout genre, n'a pas goûté nos principes ? Pourquoi jeter sur un ci-devant Prince, plutôt que sur d'autres plus coupables, puisqu'ils ont des raisons de s'attacher à la Constitution, puisque par leur état ils doivent accélérer le cours de la Révolution ?
Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 41

Discours de Robespierre sur les droits du peuple avignonnais, 18 novembre 1790
Qui n'a pas été indigné d'entendre sans cesse réclamer les droits, la propriété du pape ? Juste ciel ! les peuples, la propriété d'un homme ! Et c'est dans la tribune de l'Assemblée nationale de France que ce blasphème a été prononcé.
Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 44

Discours de Robespierre sur l'organisation des gardes nationales limitée aux citoyens actifs, prononcé au club des Jacobins, 5 décembre 1790
Quoique vous puissiez faire, les gardes nationales ne seront jamais ce qu'elles doivent être, si elles sont une classe de citoyens, une portion quelconque de la nation, quelque considérable que vous la supposiez. Les gardes nationales ne peuvent être que la nation entière armée pour défendre, au besoin ses droits ; il faut que tous les citoyens en âge de porter les armes y soient admis sans aucune distinction. Sans cela loin d'être les appuis de la liberté, elles en seront le fléau nécessaire.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 91

Ces gardes nationales porteront sur leur poitrine et sur leur drapeau ces mots : "Le peuple français. Liberté égalité fraternité".
Triomphe et mort du droit naturel en Révolution, 1789-1795-1802, Florence Gauthier, éd. PUF/ pratiques théoriques, 1992, p. 129

Intervention de Robespierre contre la motion d'ordre de Moreau de Saint-Mery, député de la Martinique, tendant à créer un comité chargé de contrôler les décisions coloniales de l'assemblée. 11 janvier 1791
La motion n’est rien moins qu’une motion d’ordre. Elle tend à gêner la liberté qu’a l’Assemblée de décréter, et chaque membre de proposer ce qui sera utile aux colonies. C’est tout soumettre au Comité colonial. Je demande la question préalable.
'Le Moniteur Universel', Charles Joseph Panckoucke, éd. H. Agasse, 1791, t. VII, p. 99

Discours de Robespierre contre la loi censitaire sur l'organisation des jurys, prononcé au club des Jacobins, 20 janvier 1791
Attachons-nous donc au bonheur de la chose au principe de toute bonne constitution judiciaire et de l'institution des jurés.

Son caractère essentiel c'est que les citoyens soient jugés par leurs pairs : que les citoyens soient jugés avec plus de justice et d'impartialité ; que leurs droits soient à l'abri des coups du despotisme judiciaire. Comparons d'abord avec ces principes le système des comités. C'est pour avoir de véritables jurés que je vais vous prouver qu'ils ne nous en présentent que le masque et le fantôme.

Dans l'étendue d'un département, deux cents citoyens seront pris, seulement, parmi ceux qui paient la contribution exigée pour être éligibles aux places administratives. Ces deux cents éligibles seront choisis par le procureur-général syndic de l'administration du département ; sur ces deux-cents, douze seront tirés au sort ; ce sont ces douze qui, sous le titre de jurés de jugement, décideront si le crime a été commis, si l'accusé est coupable.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 145

Discours de Robespierre contre le droit censitaire de pétition prononcé à l'assemblée constituante, 9 mai 1791
Eh messieurs, le droit de pétition ne devrait-il pas être assuré d'une manière particulière aux citoyens non actifs ? Plus un homme est faible et malheureux, plus il a de besoin, plus les prières lui sont nécessaires. Eh ! vous refuseriez d'accueillir les pétitions qui vous seraient présentées par la classe la plus pauvre des citoyens !
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 107

Intervention à l'Assemblée constituante en faveur les droits des hommes de couleur libres,12 mai 1791
Vous avez donné la qualité de citoyen actif à tout homme qui paie la contribution de trois journées de travail ; et comme la couleur n'y fait rien, tous les gens de couleur qui paient trois journées de travail sont par ce décret reconnus citoyens actifs.
Triomphe et mort du droit naturel en Révolution, 1789-1795-1802, Florence Gauthier, éd. PUF/ pratiques théoriques, 1992, p. 180

Intervention à l'Assemblée constituante sur la constitutionnalisation du statu quo colonial, proposé par Moreau de Saint-Méry, comme de l'esclavage seul, défendu par Barère, 13 mai 1791
C'est un grand intérêt que la conservation de vos colonies ; mais cet intérêt même est relatif à votre Constitution ; et l'intérêt suprême de la nation et des colonies elles-mêmes est que vous conserviez votre liberté et que vous ne renversiez pas de vos propres mains les bases de cette liberté. Eh ! périssent vos colonies, si vous les conservez à ce prix. Oui, s'il fallait ou perdre vos colonies, ou leur sacrifier votre bonheur, votre gloire, votre liberté, je le répète : périssent vos colonies !
Journal des États généraux, M. Le Hodey, éd. M. Le Hodey, 1791, t. 25, p. 484

Discours de Robespierre contre la constitutionnalisation du statu quo colonial et de l'esclavage, prononcé au club des Jacobins, 13 mai 1791
On vous parle de l'initiative : est-ce donc un sénat aristocratique de colons que nous avons à consulter ? est-ce un cabinet ministériel ami de l'esclavage ? non c'est l'intérêt suprême de la nation, celui des représentants d'un peuple dont la toute puissance n'est que l'opinion et les principes.
Œuvres, Maximilien de Robespierre, éd. Presses universitaires de France, 1958, t. VII : Discours (2e partie) janvier-septembre 1791, p. 366

Contre l'amendement Rewbell excluant les hommes des couleur libres qui ne sont pas nés de père et mère libres,15 mai 1791
Je sens que je suis ici pour défendre les droits des hommes de couleur en Amérique, dans toute leur étendue ; qu'il ne m'est pas permis, que je ne puis pas sans m'exposer à un remords cruel, sacrifier une partie de ces hommes-là à une portion de ces mêmes hommes. Or je reconnais les mêmes droits à tous les hommes libres de quelque père qu'ils soient nés, et je conclus qu'il faut admettre le principe dans son entier. Je crois que chaque membre de cette assemblée s'aperçoit qu'il en a déjà trop fait en consacrant constitutionnellement l'esclavage sur les colonies.
Toussaint Louverture ; la Révolution française et le problème colonial (1961), Aimé Césaire, éd. Présence Africaine, 1981, p. 125-126
 

Pour la non-réélection des députés, 16 mai 1791
Pour nous hors de l'assemblée législative, nous servirons mieux notre pays qu'en restant dans son sein. Nous éclairerons ceux de nos concitoyens qui ont besoin de lumières, nous propagerons partout l'esprit public, l'amour de la paix, de l'ordre, des lois et de la liberté.
Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 56

Pour la non-rééligibilité des députés, 18 mai 1791
Ce qui me paraît évident c'est que s'opposer à la réélection est le véritable moyen de s'opposer de bien composer la législature.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 117

Sur la peine de mort, 30 mai 1791
Gardez-vous bien de confondre l'efficacité des peines avec l'excès de la sévérité ; l'une est absolument opposée à l'autre.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 148


Il faut croire que le peuple doux, sensible, généreux, qui habite la France et dont toutes les vertus vont être développées par le régime de la liberté traitera avec humanité les coupables, et convenir que l'expérience la sagesse vous permettent de consacrer les principes sur lesquels s'appuie la motion que je fais que la peine de mort soit abolie.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris, Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 149

Discours sur l'état actuel de l'armée, 10 juin 1791

Vous voulez dites-vous, prendre des mesures pour assurer le maintien de votre constitution. N'est-il pas trop ridicule de mettre au nombre de ces mesures, celles de confier vos troupes aux ennemis de la constitution ? Les despotes en agissent-ils ainsi ? Confient-ils à des gens dont il ne sont pas sûrs, la garde de leurs places, la défense de leurs frontières ...Je le dis avec franchise, peut-être même avec rudesse ; quiconque ne veut pas, ne conseille pas le licenciement, est un traître.
« Robespierre et la guerre, une question posée dès 1789 ? », Thibaut Poirot, Annales Historiques de la Révolution française, 1er trimestre 2013, p. 123 (115-135)

Discours prononcé au club des Jacobins sur la fuite du roi à Varennes, 21 juin 1791
Ici j'ai besoin qu'on m'entende jusqu'au bout ; ce qui m'épouvante encore une fois, c'est précisément cela même qui me paraît rassurer tous les autres. C'est que depuis ce matin tout le monde est réuni. Tous ont le même visage, et pourtant il est clair qu'un roi qui avait 40 millions de rentes, qui disposait encore de toutes les places, qui avait encore la plus belle couronne de l'univers et la mieux affermie sur sa tête, n'a pu renoncer à tant d'avantages sans être sûr de le recouvrer.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris, Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 119

Sur l'inviolabilité royale, 14 juillet 1791
Le crime légalement impuni est en soi une monstruosité révoltante dans l'ordre social, ou plutôt il est le renversement absolu de l'ordre social, si le crime est commis par le premier fonctionnaire public, par le magistrat suprême. Je ne vois là que deux raisons de plus de sévir : la première que le coupable était lié à la patrie par un devoir plus saint ; la seconde que comme il est armé d'un grand pouvoir, il est bien plus dangereux de ne pas réprimer ses attentats.
Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791-juillet 1792), p. 84

Sur la liberté de la presse, 22 août 1791
Est-il vrai que la liberté de la presse consiste uniquement dans la suppression de la censure et de toutes les entraves qui peuvent arrêter l'essor de la liberté ? Je ne le pense pas et vous ne le penserez pas non plus. La liberté de la presse n'existe pas dès lors que l'auteur d'un écrit peut être exposé à des poursuites arbitraires ; et ici il faut saisir une différence bien essentielle entre les actes criminels et ce qu'on a appelé les délits de presse.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris, Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 105


Sur les menaces de révocation des droits politiques des hommes de couleur du décret du 15 mai 1791 par Antoine Barnave, Alexandre et Charles Lameth, 5 septembre 1791
Les traîtres à la patrie sont ceux qui cherchent à vous faire révoquer votre décret ; et si pour avoir le droit de se faire entendre dans cette assemblée, il faut attaquer les individus, je vous déclare, moi, que j'attaque personnellement M. Barnave et MM. Lameth.
Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 72

Sur les droits politiques des hommes de couleur libres révoqués le 24 septembre 1791
Mais, messieurs, je ne puis m'empêcher de répondre à une certaine observation que l'on vous a présentée pour affaiblir l'intérêt des hommes libres de couleur. Remarquez qu'il n'est pas question de leur accorder leurs droits, de les leur reconnaître, remarquez qu'il est question de les leur arracher après que vous les leur avez reconnus. Et quel est l'homme qui avec quelque sentiment de justice, puisse se porter légèrement à dire à plusieurs milliers d'hommes : nous avions reconnu que vous aviez des droits, nous vous avons regardés comme des citoyens actifs, mais nous allons vous replonger dans la misère et dans l'avilissement; nous allons vous remettre aux pieds de ces maîtres impérieux dont nous vous avions aidés à secouer le joug.
Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791-juillet 1792), p. 87

Rappelez-vous toutes ces délibérations où, après avoir remporté l'avantage auquel on semblait d'abord borner tous les voeux, on s'en faisait un titre pour en obtenir de nouveaux ; où vous conduisant toujours de récits en récits, d'épisodes en épisodes, de terreurs en terreurs, on gagnait toujours quelque chose sur vos principes et sur l'intérêt national, jusqu'à ce qu'enfin échouant contre un écueil, on s'est bien promis de réparer son naufrage.
Toussaint-Louverture. La Révolution française et le problème colonial (1961), Aimé Césaire, éd. Présence Africaine, 1981, p. 138-139

Mais moi dont la liberté sera l'idole, moi qui ne connaît ni bonheur, ni prospérité, ni moralité pour les hommes sans liberté, ni pour les nations sans les libertés ; je déclare que j’abhorre de pareils systèmes et que je réclame votre justice, l'humanité, la justice et l'intérêt national en faveur des homme libres de couleur.
Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791-juillet 1792), p. 88

Contre la tentative de l'assemblée de révoquer les droits des sociétés à l'affiliation 29 septembre 1791
Comment et de quel front enverrez-vous dans les départements une instruction par laquelle vous prétendez persuader aux citoyens qu'il n'est pas permis aux sociétés aux société des Amis de la Constitution, d'avoir des correspondances , d'avoir des affiliations ? Qu'y a-t-il donc d'inconstitutionnel dans une affiliation ? L'affiliation n'est autre chose que la relation d'une société légitime avec une autre société légitime, par laquelle elles conviennent de correspondre entre elles sur les objets de l'intérêt public.
Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 1 (avril 1791-juillet 1792)
 

Discours sur les moyens de sauver l'État et la liberté, 10 février 1792
J'ai toujours pensé qu'il avait manqué deux choses à notre révolution : des écrivains profonds aussi nombreux que ceux que le ministère soudoie, et des hommes riches, assez amis de la liberté pour consacrer une partie de leur fortune à la propagation des lumières et de l'esprit public.

Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 95

 

Discours à la Convention nationale sur les subsistances, 2 décembre 1792
La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là ; la propriété n’a été instituée ou garantie que pour la cimenter ; c’est pour vivre d’abord que l’on a des propriétés. Il n’est pas vrai que la propriété puisse jamais être en opposition avec la subsistance des hommes.
Œuvres de Maximilien Robespierre, Marc Bouloiseau, Georges Lefebvre, Jean Dautry, Albert Soboul, éd. Presses Universitaires de France, 1958, t. 9 : Discours (4e partie) septembre 1792-27 juillet 1793, p. 112

Tout homme n'a pas le droit d'entasser du blé, quand son semblable meurt de faim, tout ce qui est nécessaire à l'existence de la vie des hommes, appartient à la société, son superflu seul est un objet de commerce.
Œuvres de Maximilien de Robespierre, Marc Bouloiseau, Georges Lefebvre, Jean Dautry, Albert Soboul, éd. Presses Universitaires de France, 1958, t. 9

Et vous, législateurs, souvenez-vous, que vous n'êtes point les représentants d'une caste privilégiée, mais ceux du peuple français, n'oubliez pas que la source de l'ordre, c'est la justice, que le plus sûr garant de la tranquillité, c'est le bonheur des citoyens, et que les longues convulsions qui déchirent les États ne sont que le combat des préjugés contre les principes, de l'égoïsme contre l'intérêt général, de l'orgueil et des passions des hommes puissants contre les droits et contre les besoins des faibles.
Œuvres de Maximilien de Robespierre, avec une notice historique, des notes et des commentaires, Maximilien de Robespierre, Albert Laponneraye, Armand Carrel (éd.), éd. Chez l'éditeur, 1840, t. 3, p. 42

Sur le jugement de Louis XVI, 3 décembre 1792
L'assemblée a été entraînée à son insu loin de la véritable question. Il n'y a point ici de procès à faire; Louis n'est point un accusé. Vous n'êtes point des juges. Vous êtes, vous ne pouvez être que des hommes d’État et les représentants de la nation. Vous n'avez pas une sentence à rendre pour ou contre un homme mais une mesure de salut public à prendre, un acte de providence nationale à exercer.

Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1973, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 80

Discours sur l'appel au peuple dans le jugement de Louis XVI, 28 décembre 1792
Citoyens, la sensibilité qui sacrifie l'innocence au crime est une sensibilité cruelle ; la clémence qui compose avec la tyrannie est barbare.
Œuvres, Maximilien de Robespierre, éd. Presses universitaires de France, 1958, t. IX : Discours (4e partie) septembre 1792-27 juillet 1793, p. 184
 Citation choisie citation du jour pour le 25 septembre 2011.


Vote motivé à la Convention nationale sur la peine encourue par Louis XVI à l'occasion de son procès, 16 janvier 1793
Je suis inflexible pour les oppresseurs, parce que je suis compatissant pour les opprimés ; je ne connais point l'humanité qui égorge les peuples, et qui pardonne aux despotes. Le sentiment qui m'a porté à demander mais en vain, à l'Assemblée Constituante l'abolition de la peine de mort, est le même qui me force aujourd'hui à demander qu'elle soit appliquée au tyran de ma patrie, et à la royauté elle-même dans sa personne.
Œuvres, Maximilien de Robespierre, éd. Presses universitaires de France, 1958, t. IX : Discours (4e partie) septembre 1792-27 juillet 1793, p. 228
 

Sur la conspiration tramée contre la liberté, 10 avril 1793
Tous les ambitieux qui ont paru jusqu'ici sur le théâtre de la Révolution ont eu cela de commun qu'ils ont défendu les droits du peuple aussi longtemps qu'ils ont cru en avoir besoin. Tous l'ont regardé comme un stupide troupeau, destiné à être conduit par le plus habile ou par le plus fort. Tous ont regardé les assemblées représentatives comme des corps composés d'hommes ou cupides ou crédules, qu'il fallait corrompre ou tromper pour les faire servir à leurs projets criminels. Tous se sont servis des sociétés populaires contre la cour et, dès le moment où ils eurent fait leur pacte avec elle, où qu'ils l'eurent remplacée, ils ont travaillé à la détruire. Tous ont successivement combattu pour ou contre les Jacobins, selon les temps et les circonstances.
Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 118


Sur « le devoir de fraternité qui unissent tous les hommes et toutes les nations, et leurs droits à une mutuelle assistance » 24 avril 1793
art. 4 : Les rois, les aristocrates, les tyrans quels qu'ils soient, sont des esclaves révoltés contre le souverain de la terre qui est le genre humain, et contre le législateur de l'univers qui est la nature.
Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 135-136

Discours sur la nouvelle déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 24 avril 1793
XXIX : Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.
Œuvres, Maximilien de Robespierre, éd. Presses universitaires de France, 1958, t. IX : Discours (4e partie) septembre 1792-27 juillet 1793, p. 468

Discours prononcé à l'assemblée nationale sur le nouveau gouvernement représentatif, 10 mai 1793
Fuyez la manie ancienne des gouvernements de vouloir trop gouverner ; laissez aux individus, laissez aux familles le droit de faire ce qui ne nuit point à autrui ; laissez aux communes le pouvoir de régler elles-mêmes leurs propres affaires, en tout ce qui ne tient point essentiellement à l'administration générale de la République.
Robespierre textes choisis (1957), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 2 (août 1792-juillet 1793), p. 149

Discours au club des Jacobins du 26 mai 1793
Je vous disais que le peuple doit se reposer sur sa force ; mais quand le peuple est opprimé, quand il ne lui reste plus que lui-même, celui-là serait un lâche qui ne lui dirait pas de se lever. C'est quand toutes les lois sont violées, c'est quand le despotisme est à son comble, c'est quand on foule aux pieds la bonne foi et la pudeur, que le peuple doit s'insurger.
Histoire parlementaire de la révolution française, Philippe-Joseph-Benjamin Buchez, Prosper Charles Roux, éd. Paulin, 1793, t. 27, p. 243

Discours au club des Jacobins du 11 août 1793 contre la dissolution de la Convention
Je déclare que rien ne peut sauver la République si l'on adopte la proposition qui a été faite ce matin, que la Convention se sépare et qu'on lui substitue une assemblée législative. La proposition que je combats ne tend qu'à faire succéder aux membres épurés de la Convention actuelle les envoyés de Pitt et de Cobourg.
Robespierre, Jean Massin, éd. Alinéa, 1988, p. 195


Sur la situation politique de la république, 17 novembre 1793 (27 brumaire an II)
Vous avez sous les yeux le bilan politique de l'Europe et le vôtre et vous avez déjà un grand résultat : c'est que l'univers est intéressé à notre conservation. Supposons la France anéantie ou démembrée, le monde politique s'écroule.
Robespierre textes choisis (1958), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 3 (novembre 1793-juillet 1794), p. 75

La force peut renverser un trône ; la sagesse seule peut fonder une république. Démêlez les pièges continuels de nos ennemis ; soyez révolutionnaires et politiques ; soyez terribles aux méchants et secourables aux malheureux ; fuyez à la fois le cruel modérantisme et l'exagération systématique des faux patriotes : soyez digne du peuple que vous représentez ; le peuple hait tous les excès ; il ne veut ni être trompé ni être protégé, il veut qu'on le défende en l'honorant.
Robespierre textes choisis (1958), Jean Poperen, éd. Éditions sociales, 1974, t. 3 (novembre 1793-juillet 1794), p. 79


Rapport présenté au club des Jacobins contre le philosophisme et pour la liberté des cultes, 21 novembre 1793 (1er frimaire an II)
On a supposé qu'en accueillant des offrandes civiques la Convention avait proscrit le culte catholique.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 317

Non, la Convention n'a point fait cette démarche téméraire ; la Convention ne le fera jamais.Son intention est de maintenir la liberté des culte qu'elle a proclamée, et de réprimer en même temps tous ceux qui en abuseraient pour troubler l'ordre public ; elle ne permettra pas qu'on persécute les ministres paisibles du culte, et elle les punira avec sévérité toutes les fois qu'ils oseront se prévaloir de leurs fonctions pour tromper les citoyens et pour armer les préjugés ou le royalisme contre la République.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 317

L'athéisme est aristocratique ; l'idée d'un grand être qui veille sur l'innocence opprimée, et qui punit le crime triomphant est toute populaire. Le peuple, les malheureux m'applaudissent : si je trouvais des censeurs ce serait parmi les riches et les coupables.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 317
 

Discours à la Convention nationale sur les principes de morale politique qui doivent guider la Convention nationale dans l'administration intérieure de la République, 5 février 1794 (17 pluviôse an II)

Nous voulons substituer, dans notre pays, la morale à l’égoïsme, la probité à l’honneur, les principes aux usages, les devoirs aux bienséances, l’empire de la raison à la tyrannie de la mode, le mépris du vice au mépris du malheur, la fierté à l’insolence, la grandeur d’âme à la vanité, l’amour de la gloire à l’amour de l’argent, les bonnes gens à la bonne compagnie, le mérite à l’intrigue, le génie au bel esprit, la vérité à l’éclat, le charme du bonheur aux ennuis de la volupté, la grandeur de l’homme à la petitesse des grands, un peuple magnanime, puissant, heureux, à un peuple aimable, frivole et misérable, c’est-à-dire, toutes les vertus et tous les miracles de la République, à tous les vices et à tous les ridicules de la monarchie.
Mercure français, Mercure de France, éd. Mercure de France, 1794, p. 302

Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur : la vertu, sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n'est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier, qu'une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressants besoins de la patrie.
Biographie universelle et portative des contemporains, Alphonse Rabbe,Claude Augustin Vieilh de Boisjoslin,Charles Claude Binet de Sainte-Preuve, éd. E. Dézairs et A. Blois - 21, rue du Colombier, 1836, t. 5, p. 677

Sur les rapport des idées religieuses et morales avec le principe républicains et sur les fêtes nationales. Rapport présenté au nom du comité de salut public,7 mai 1794 (18 floréal an II)
L'idée de l'Être Suprême et de l'immortalité de l'âme est un rappel continuel à la justice ; elle est donc sociale et républicaine.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 317

Ayez des fêtes générales et plus solennelles pour toute la République ; ayez des fêtes particulières et pour chaque lieu qui soient des jours de repos, et qui remplacent ce que les circonstances ont détruit. Que toutes tendent à réveiller les sentiments généreux qui font le charme et l'ornement de la vie humaine, l'enthousiasme de la liberté, l'amour de la patrie, le respect des lois.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 325

 Dernier discours à la Convention nationale, 26 juillet 1794 (8 thermidor an II)
Les révolutions qui, jusqu'à nous, ont changé la face des empires n'ont eu pour objet qu'un changement de dynastie ou le changement du pouvoir d'un seul à celui de plusieurs. La Révolution française est la première qui ait été fondée sur les théories des droits de l'humanité et sur les principes de la justice. Les autres révolutions n'exigeaient que de l'ambition ; la nôtre impose des vertus.
Robespierre, écrits, Claude Mazauric, éd. Paris Messidor/Éditions sociales, 1989, p. 332

Mais elle existe, je vous en atteste, âmes sensibles et pures ; elle existe, cette passion tendre, impérieuse, irrésistible, tourment et délices des cœurs magnanimes, cette horreur profonde de la tyrannie, ce zèle compatissant pour les opprimés, cet amour sacré de la patrie, cet amour plus sublime et plus saint de l'humanité, sans lequel une grande révolution n'est qu'un crime éclatant qui détruit un autre crime. Elle existe, cette ambition généreuse de fonder sur la terre la première République du monde ; cet égoïsme des hommes non dégradés, qui trouve une volupté céleste dans le calme d'une conscience pure et dans le spectacle ravissant du bonheur public.Vous la sentez, en ce moment, qui brûle dans vos âmes ; je la sens dans la mienne.
Histoire parlementaire de la révolution française, Philippe-Joseph-Benjamin Buchez, Prosper Charles Roux, éd. Paulin, 1793, t. 23 et 24, p. 419

Non Chaumette, non Fouché, la mort n'est pas un sommeil éternel. Citoyens, effacez des tombeaux cette maxime gravée par des mains sacrilèges, qui jette un crêpe funèbre sur la nature, qui décourage l'innocence opprimée et qui insulte à la mort ; gravez y plutôt celle- ci : « La mort est le commencement de l'immortalité. »
Histoire de Robespierre, Ernest Hamel, éd. Chez l'auteur, 1867, t. 3, p. 729

Je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner.
Choix de rapports, opinions et discours prononcés à la Tribune Nationale depuis 1789 jusqu'à ce jour, Guillaume N. Lallement, éd. A. Eymery, 1821, t. 14, p. 309

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