Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Planter un arbre est toujours un symbole. Notre République outre cette capacité à gérer le bien public, à protéger et à maintenir la notion d'intérêt général s'appuie sur des symboles pour donner sens à ses principes établis au nom du peuple par le peuple.

Des l'origine, lors de la Révolution, le premier de ces symboles fut bien entendu celui de Liberté tant celle-ci plus d'un millénaire durant fut confisquée au peuple par une minorité régnante. la Convention planta jusque dans les villages les plus reculés du pays des Arbres de la Liberté. Principe repris en 1848, à la Libération. Lors de mon déplacement à Trucy au début septembre pour la commémoration du centenaire de la Première guerre mondiale j'ai pu me recueillir auprès d'un chêne de la Liberté replanté après l'occupation allemande de la seconde guerre pour remplacer celui arraché par les nazis... Une Liberté qui gêne...

 

 

Aujourd'hui pour réaffirmer les valeurs républicaines édictées par la loi du 9 décembre 1905 des arbres de la Laïcité sont plantés par quelques municipalités  et cela parfois à la demande et certaines associations laïques. C’est à Guy Georges, ancien secrétaire général du Syndicat national des instituteurs, que nous devons l’idée et l’impulsion pour sa mise en œuvre. Ce beau geste symbolique est évidemment inspiré par les arbres de la liberté. Selon Jacques Godechot « L’arbre de la liberté n’est autre que l’ancien « mai » que les paysans plantaient généralement à l’occasion des fêtes votives, tradition héritée sans doute des vieux cultes païens. Les premiers arbres de la liberté furent plantés dans le Périgord dès le mois de janvier 1790 ».

L’arbre de mai était un poteau décoré d’emblèmes manifestant de façon festive la cohésion populaire communale. L’arbre de la liberté s’en inspire tout en lui donnant un sens nouveau : l’affirmation de la souveraineté du peuple. Des milliers furent plantés. L’abbé Grégoire, député à la Convention, leur consacrera une importante étude. On en plantera encore en 1830, en 1848 (où ils furent bénis par le clergé !), en 1871 et à la Libération.

L’arbre est un puissant symbole par son enracinement, par sa fière verticalité et par son feuillage protecteur. Parmi les symboles de la Révolution, l’arbre de la liberté est, d’après Albert Mathiez « le plus vivace dans l’âme populaire ». A la suite des arbres de Mai et de la liberté, on plantera des arbres de la fraternité, de la raison, de l’union, de la vertu… L’arbre de la laïcité s’inscrit dans l’histoire populaire et dans la mémoire révolutionnaire. La laïcité comme garante de nos libertés est mise à l’honneur, contre les conceptions de ceux qui la réduisent à des interdits.

Ces arbres sont parfois malheureusement à la merci d'actes de vandalisme dus aux activités haineuses de groupuscules d'extrémistes religieux issus de notre droite et extrême droite traditionnelle. La laïcité dérange les intolérants, les absolutistes du divin. Aujourd'hui il est de bon ton de vouloir raboter ce principe qui est le seul qui puisse garantir la liberté de culte sans pour autant que celui-ci ne vienne à troubler l'équité et l'ordre républicain. 

Je sais que certains, même dans notre majorité, s'interrogent sur la nécessité d'un tel acte symbolique. Leur jeunesse, leur méconnaissance approfondie de notre histoire et de ces combats héroïques menés par nos anciens, militants des droits de l'homme, radicaux et socialistes qui bâtirent la République contre l'ignorance et le dogmatisme, instaurèrent l'instruction publique obligatoire, le droit d'association, l'instauration du syndicalisme et la laïcité devrait leur enseigner la prudence alors que nombre d'états sont dans le déni et le refus de ces droits fondamentaux qui régissent notre lien, notre socle social. J'ose espérer que derrière cette tiédeur quand au principe de notre cérémonie du 9 décembre il n'y ait que jeunesse ou ignorance et non une quelconque volonté de remettre en cause ce principe fondamental. Je veux ici rappeler par exemple que si certains pays établissaient la séparation des pouvoirs temporels et spirituels nous trouverions peut-être les débuts de solutions pour résoudre les conflits comme par exemple celui entre Israël, État confessionnel, et les palestiniens dont une partie est sous la coupe d'un extrémisme religieux!

A Fontenay nous planterons devant l'ancienne mairie un arbre avec le soutien de l'association Fontenay Laïcité le 9 décembre lors de la journée nationale de la laïcité et cela sera le moment pour assimiler ce principe régulateur de notre vie sociale et qui nous protège dans les accès au service public d'une soumission à l'intransigeance de quelque dogme qu'il soit.






 

Planter un arbre; un arbre de la laïcité.

Partager cet article

Repost 0