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Pour compléter un article paru ce matin dans le Parisien sur l'excision et sachant que  selon l'Ined 53000 femmes sont mutilées en France voici un éclairage sur les différentes formes de pratique de cet acte criminel de violence faite aux femmes.
 

Les mutilations génitales féminines font partie d'initiations rituelles : elles marquent le passage à l'âge adulte pour les petites filles et assurent la virginité avant le mariage, la chasteté après. Les premières traces remontent il y a plus de 5000 ans en Égypte pharaonique, bien avant nos monothéismes...

Ces mutilations sont aujourd'hui surtout pratiquées en Afrique, mais aussi en Asie, au Moyen-Orient, dans la péninsule arabique, en Australie et en Amérique Latine. Selon les ethnies, la mutilation peut être pratiquée sur des nouveaux-nés, sur des fillettes, sur des adolescentes, sur des adultes avant leur mariage ou sur des femmes enceintes. Et naturellement cette pratique est désormais arrivée dans les pays d'accueil occidentaux, du fait de l'immigration.

Voici donc pour éclairer le propos de ce post les différents types de MGF ( mutilation génitale féminine ):

- Excision dite « sunna » : ablation ou incision du capuchon du clitoris.

- Excision ou clitoridectomie : ablation du clitoris et, souvent, des petites lèvres. 

- Infibulation ou circoncision pharaonique : excision doublée de l'ablation des grandes lèvres, suivie de la suture bord à bord des deux moignons, le plus souvent à l'aide d'épines. 
On ne laisse qu'un petit orifice permettant l'écoulement de l'urine et du flux menstruel. 

- Introcision : mutilation pratiquée par les aborigènes d'Australie et au Pérou. Il s'agit de l'élargissement de l'orifice vaginal qui est déchiré vers le bas, manuellement ou à l'aide de divers instruments de fortune. Cette mutilation est souvent suivie de pénétrations multiples de « volontaires » qui ont assisté au spectacle... Parfois, le mari lui-même ( beaucoup plus âgé ) fait un essai... et si besoin est, on élargit jusqu'à ce qu'il obtienne satisfaction.

- Il existe d'autres formes de mutilations : perforation, perçage ou incision du clitoris et/ou des lèvres ; étirements du clitoris et/ou des lèvres ; cautérisation par brûlure, curetage de l'orifice vaginal ; scarification du vagin , introduction de substances corrosives pour provoquer des saignements, introduction d'herbes dans le but de le resserrer...

Il faut surtout insister et ne pas oublier que l'excision et l'infibulation sont pratiquées indifféremment par des chrétiens, des juifs ou des musulmans et bien entendus des animistes. Il fait savoir qu'elle est plus souvent pratiquée par les femmes et que que ce sont généralement les hommes qui refusent d'épouser une fille non excisée! 

Plus de 125 millions de filles et de femmes dans le monde sont excisées et 30 millions de fillettes pourraient le devenir, avertissait l'UNICEF en 2012  dans un rapport qui passe en revue 29 pays. 
Selon l'Unicef l'excision perdure dans certains pays d'Afrique et au Moyen-Orient en raison de l'acceptation dont elle jouit au sein des sociétés ancrées aux coutumes ancestrales. Elle est illégale dans une vingtaine de pays africains, en Europe, aux Etats-Unis et au Canada notamment, la pratique a fait l'objet d'une condamnation de l'ONU, qui a appelé à y mettre fin. 

Au niveau mondial, le rapport de l'UNICEF soutient que "30 millions de fillettes risquent d'être mutilées dans les dix prochaines années même si l'excision "tend à devenir de moins en moins répandue". 

 

Avec 98% des femmes entre 15 et 49 ans qui ont été excisées, la Somalie est le pays où cette pratique est la plus répandue dans le monde. Viennent ensuite la Guinée avec 96%, Djibouti avec 93%, puis l'Egypte avec 91%. 
En revanche, au Kenya et en Tanzanie, "les femmes âgées de 45 à 49 ans sont trois fois plus susceptibles d'avoir été excisées que les filles entre 15 et 19 ans", ce qui démontre un important recul de cette pratique. L'exemple africain du Ghana qui avec 60% des femmes de 40 ans et plus ayant subit une excision, contre 16% pour les adolescentes corrobore ce lent déclin.
Et quant à la France il faut savoir qu'elle ne réprime les excisions que dans la mesure où il s'agit de mutilation faites sur des enfants (article 312 du code pénal) et n'a pas de législation spécifique à l'excision...
Donc notre pays ne dispose pas de loi explicite contre l’excision mais il nous faut savoir que cette pratique est combattue devant les tribunaux depuis 1982 et que les associations suivantes se constituent partie civile : CAMS (Commission pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles), LDIF et SOS Femmes Alternatives.








 

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