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Laure Herbert (titulaire de Fontenay) et Nadia Boudrai-Mihoubi (suppléante de Vincennes), Florian James (titulaire de Fontenay), Noam Leandri (suppléant de Fontenay). C’est le quarteron gagnant du week-end dans la dernière course socialiste à l’échalote.

Je vois déjà l’étonnement et, il faut le dire crument, l’éclat de rire de nombreux fontenaysiens. Mais dépassant leur hilarité initiale et reprenant pied sur le terrain des réalités ils s’interrogeront et c’est là l’essentiel quand au choix politique des socialistes, quand aux abandons des " chefs ", quand à leur déraison totale en présentant une équipe inexpérimentée, éloignée du terrain.

Beaucoup pensaient qu’il y retournerait, Patrice Bedouret, car en politique il faut se faire le cuir avec des défaites et ne jamais renoncer. Cette présence sur le terrain, au premier rang à chaque nouveau défi électoral peut forger une victoire. Mais il y a cette descente aux enfers, ce tourni des chiffres en vrille dégringolante qui entraîne au plus bas le PS et qu’il ne veut ni ne peut assumer. Pour cela on se cache et on pousse un ami au devant du gouffre pour s’exonérer demain d’une défaite attendue. C’est le dernier avatar de mars 2013 dont je ne pensais pas qu’il puisse ainsi le signer avec la complicité du secrétaire de section comme ultime figure de l’homme d’appareil.

La jeunesse serait l’une des priorités de la campagne des sociaux-libéraux. J’en doute ; Monsieur James n’est pas la jeunesse – du moins celle que je connais dans ma ville pour participer comme élu à son quotidien. Il est l’archétype d’une mutation singulière qui l'a fait évoluer sous la protection bienveillante d'un UMP local à une adhésion au PS  où il virevolta au grès des vents et des hommes pour fachever son parcours vers socialisme-libéral forgé pendant ses vacances auprès du sénateur Carvounas. Et demeuré en jachère de formation politique il est trop jeune pour avoir connu le sens du mot socialiste. D'aucuns pensent peut-être que cela sera son avantage?

Mais dès demain, après le succès retentissant des Etats Généraux du PS il va comme ses amis brandir sa nouvelle déclaration de principes, ce nouveau progressisme cher à Tony Blair ou Gerhard Schröder, repris en cœur par la droite. Il se présentera avec une nouvelle identité et sans référence à l’héritage socialiste selon la volonté de Valls.

En mars il sera le candidat d’une liste défendant des droits et des libertés mettant en avant la « solidarité » alors que la politique gouvernementale amoindri les ressources de la Sécurité Sociale, des retraites, de l’assurance chômage et fait augmenter le chômage, la précarité et la pauvreté.

En mars il va dans sa campagne regretter la « détérioration du rapport de forces entre le capital et le travail », alors que la loi Sapin de 2013 précarise l’emploi et sécurise les licenciements ; l’affaiblissement continu du Code du travail fragilise toujours plus les salariés au profit du patronat, alors que les pactes de « compétitivité » et de « responsabilité » redistribuent les richesses à l’envers : des salariés, retraités et chômeurs vers les entreprises dominées par les grands groupes !

En mars il va vouloir vous présenter un « Etat stratège » alors que la notion d’économie mixte est abandonnée, alors que l’Etat veut liquider ses dernières participations dans les entreprises publiques, que la SNCF est mise en concurrence avec le secteur privé, que le budget national est placé sous surveillance étroite de Bruxelles, que le bilan de la Banque Publique d’investissement représente moins de 3 % de celui de BNP-PARIBAS et que l’investissement public est sacrifié sur l’autel des économies budgétaires ! Sans parler de la vente aux chinois d’une forte part de l’aéroport de Toulouse !

Et la liste pourrait être longue…

La priorité de la campagne ce n’est pas la jeunesse illustrée par un jeune candidat mais l’urgence que devraient avoir les socialistes de répondre à leur électorat écœuré par la distorsion entre les promesses de 2012 et les actes d’une équipe gouvernementale qui leur donne chaque semaine le sentiment accru de la trahison. L’urgence est plus que jamais à la réorientation d’une politique dans laquelle une majorité de socialistes ne se reconnaît très vraisemblablement pas, parce qu’elle renie nos valeurs fondamentales.

Alors bonne chance Monsieur James et vous avez encore quelques semaines pour préparer vos fiches. Les nôtres sont en forme de bulletin qui en mars continueront à vous faire défaut car votre politique fait défaut aux principes généreux du socialisme. Et qu’à Fontenay nous sommes en résistance, qu’à Fontenay c’est comme en Thuringe c’est La Gauche qui gagne ! Et j'ai choisi la Gauche 
 

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