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La situation est paradoxale. Notre pays a besoin de confiance pour se projeter dans l’avenir. Il a pour cela besoin de tous ses atouts de rayonnement, d’excellence et d’inventivité. La reconnaissance du rôle majeur de nos artistes et de la richesse de notre patrimoine ne relève pas d’une option mais d’une analyse rigoureuse. Elle ne relève pas d’un choix mais d’une nécessité. Et il ne s’agit pas seulement d’un indéniable atout pour le développement économique. La culture s’impose à l’espoir. Nous avons plus que jamais besoin de la justesse humaniste des arts. Ce sont les armes les plus efficaces d’émancipation contre toutes les formes de terreur et de mépris.
 
Or la culture souffre partout de la rétraction des crédits publics. L’Etat affiche son maintien des budgets culturels, reportant les difficultés sur les collectivités, lesquelles sont soumises à une contribution à la réduction des dépenses publiques obligée et démesurée. Cette rupture de solidarité n’est pas acceptable. Ce n’est pas en opposant entre eux les pouvoirs publics et en se défaussant faussement d’une responsabilité par essence partagée qu’on restaurera la solidarité nécessaire à un retour de la confiance. Une confiance qui doit procéder à la fois d’un choix de civilisation et d’un bon sens économique. Une confiance qui doit aussi procéder du respect mutuel.
 
Les collectivités territoriales ont toujours été aux côtés des arts. Malgré les difficultés budgétaires, malgré la violence des 28 milliards d’euros de baisse cumulée à venir de leurs dotations de l’Etat (chiffre de l’AMF), il faut tout engager pour qu’elles le restent. Pour les arts en eux-mêmes. Pour elles-mêmes. Pour tous nos concitoyens. Tout en rappelant ici la responsabilité singulière de l’Etat, il faut  s’engager à mettre toute sa vigilance au bénéfice de cet outil irremplaçable de liberté qu’est la création artistique.
 
 C’est main dans la main que les gens de culture et les responsables politiques doivent cheminer. La méfiance, le déni, qu’ils viennent d’un côté ou d’un autre, relèveraient d’une faute de civilisation, d’un manque de clairvoyance politique.
 
 Lors du débat complexe sur le projet de loi de réforme territoriale (NOTRe), la FNCC, association représentative des élus délégués à la culture, a affirmé que la culture participe d’une responsabilité partagée. Elle incombe à toutes les natures de collectivités, communes, départements, régions et Etat. Elle affirme aussi que l’engagement politique contre le repli, contre la haine, contre la peur est une responsabilité partagée par les artistes et les responsables politiques.
 
Les choses sont claires. Quand le dialogue se déploie, ce partage est lumineux. Quand l’échange se tend, le clivage s’avère mortifère. La culture est omniprésente dans nos manières de vivre. Elle façonne les existences, nourrit le lien social. Elle tisse les possibles, construit les reconnaissances et porte avec force, beauté et acuité nos idéaux démocratiques.
 
Or, que se passe-t-il ? Les artistes voient se rétrécir leurs possibilités de création. Des lieux et des structures culturels sont en difficultés. Des programmations sont menacées. Les droits des créateurs s’effilochent dans l’espace aveugle de la circulation numérique.  Ce processus ample de régénération continue de nos capacités à construire le monde que tissent les arts et la culture semble contraint.
 
Cette situation n’est ni acceptable ni pertinente. Ensemble, artistes et élus, Etat et collectivités, nous devons essayer de faire face à une situation dégradée. Ensemble, nous pouvons non seulement résister mais co-construire partout des politiques publiques exigeantes. La vitalité des expressions artistiques a besoin de la volonté politique. La vitalité de la liberté politique a besoin de la créativité artistique. Il est du devoir de chacun de  veiller à préserver cette unité.

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