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En mairie de Fontenay une exposition en hommage aux femmes en résistance organisée par le Mouvement pour la Paix et contre le Terrorisme

 

En milieu d'après-midi je réponds à l'invitation du Mouvement pour la Paix contre le Terrorisme qui expose une série de panneau avec le soutien de la Municipalité pour saluer le courage  des femmes et des jeunes filles qui résistent au quotidien contre le terrorisme? Pour leur droit et leur liberté. Une série de portraits de femmes en résistances et de femmes victimes de lâcheté et de l'obscurantisme. Dans cette exposition un portrait singularise deux décennies de violences, d'arbitraires, de vies soustraites au bonheur d'être, de vies sacrifiées à la bêtise et aux croyances abjectes qui relèguent la femme hors de notre monde avec cette inégalité face à l'homme posée en vérité, en dogme, en infaillibilité abjecte. C'est le portrait de Karia Bengana qui il y a 21 ans,jeune lycéenne à Meftah, une petite ville dans la périphérie d’Alger, fut lâchement assassinée par des extrémistes islamistes pour avoir refusé de porter le hidjab contre sa volonté. C’était le 28 février 1994. Âgée à l’époque que de 17 ans, la jeune Katia fut surprise par son bourreau qui la tua à bout portant en plein centre-ville de Meftah, alors qu’elle sortait de son lycée pour se rendre à son domicile familial. Après avoir accompli son forfait, l’assassin sanguinaire, armé d’un fusil à canon scié, avait réussi à prendre la fuite, laissant sa proie gisant dans une mare de sang. Cette horrible scène, qui choqua plus d’un, restera à jamais gravée dans la mémoire collective des habitants de Meftah, notamment les camarades de Katia qui gardent d’elle l’image d’une résistante exemplaire.

Une brave combattante contre l’obscurantisme. Car, elle avait préféré mourir pour ses idées et ses convictions que d’abdiquer devant les menaces persistantes des intégristes islamistes qui voulaient semer la terreur dans la société algérienne.

Katia est morte certes, mais son sacrifice ne sera pas vain ! Elle est partie en martyre. Son combat et sa détermination resteront un exemple de bravoure, voire un symbole de la résistance des femmes démocrates ayant bravé le diktat islamiste durant la décennie noire. Néanmoins, on déplore aujourd’hui le fait qu’aucune festivité commémorative, encore moins un hommage digne de son sacrifice ne soient organisés à sa mémoire !

" Repose en paix Katia, l’Algérie de demain te reconnaîtra et sois sûre que tes semblables ne t’oublieront jamais". Ce témoignage est celui de Abdelghani Kayouche. Et comment ne pas citer cette lettre écrite à Katia par son père en 2010. Une lettre bouleversante: 
 

Le 28 février 1994 - le 28 février 2010, voilà déjà 16 ans depuis ton assassinat par l’intégrisme religieux pour avoir refusé de porter le voile... Et depuis cette date, ta mère n’a pas cessé de te pleurer chaque jour que Dieu fait. Aujourd’hui ma chère Katia, je tiens à t’annoncer que ta mère est venue te rejoindre pour de bon dans sa dernière demeure en cette date du 23.01.2008 vers 23 heures environ.

Prends soin de ta mère, ma chère Katia. Fasse Dieu qu’elle ne manque de rien avec toi. Rassure-la que de notre côté tout va bien, et qu’elle n’a pas à se faire de soucis surtout pour Celia, la dernière de la famille. Car ici-bas, tu lui as beaucoup manquée Katia. Elle a manqué de tout à cause de cette politique favorable à l’intégrisme religieux de la part de ceux qui sont censés nous protéger et nous rendre justice. Ta perte cruelle, son chagrin, son désespoir, ses souffrances, ton deuxième assassinat à travers cette réconciliation nationale ont fait que ta mère et moi-même n’avons pas pu tenir le coup. La non-prise en charge de notre situation dramatique par l’Etat, les difficultés matérielles et sociales suite à ta disparition ont fait que ta mère n’a pas pu résister à sa maladie qui n’a pas été prise en charge afin de la sauver d’une mort prématurée par manque de moyens et de désespoir.

Aussi, j’accuse le pouvoir algérien de nous avoir abandonnés à notre sort. J’accuse ceux qui ont relâché et pardonné à ces sanguinaires aux mains tachées de sang. J’accuse le pouvoir algérien pour ses sympathies avec les bourreaux de nos parents. J’accuse cette réconciliation pour la paix qui a glorifié et amnistié ces monstres assassins de plus de deux cent mille civils innocents et autres corporations confondues. J’accuse tous ceux qui ont voté pour ce référendum de la honte. J’accuse cette réconciliation qui a consacré l’impunité et qui a ignoré la justice. J’accuse tous ceux qui ont été indifférents à notre douleur. J’accuse tous ceux qui ont été favorables à cette mascarade de vente concomitante d’êtres humains, de civils et autres pour simplement plaire aux maîtres et par la même occasion obtenir quelques miettes en contrepartie de leur soumission et servitude. J’accuse cette réconciliation qui nous a assassinés une deuxième fois à travers cette idéologie arabo-baâthiste pour faire de nous des Arabes par la force et malgré nous. J’accuse tous ceux qui instrumentalisent la religion pour se maintenir au pouvoir en sacrifiant des civils et autres. J’accuse tous ceux qui utilisent la religion pour y accéder en assassinant des innocents. J’accuse tous ceux qui utilisent la religion pour nous détourner de nos racines, de nos coutumes, de nos traditions et de notre langue historique et ancestrale (...)


Pour rendre hommage à Katia, mieux connaître son martyre et vous souvenir de sa résistance à ce que d'aucuns par misérabilisme intellectuel désignent cyniquement comme étant un petit bout de tissus bien anodin...vous pouvez consulter le site: www.kabyles.net 

Exposition dans le Hall d'entrée de notre mairie.
Exposition dans le Hall d'entrée de notre mairie.
Exposition dans le Hall d'entrée de notre mairie.

Exposition dans le Hall d'entrée de notre mairie.

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