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La campagne du premier tour des départementales s'achève ce soir. L’enjeu des élections départementales, les 22 et 29 mars, est totalement inédit. Pour la première fois, les assemblées élues seront parfaitement paritaires - la loi prévoit l'élection, pour chaque canton, d'un homme et d'une femme. Pour la première fois, le scrutin aura lieu dans une carte électorale profondément redessinée - le nombre de cantons a été réduit par deux, de 4055 à 2074.

Quelle sera l'ampleur de la défaite annoncée du PS ? Combien de départements la gauche parviendra-t-elle à sauver sur les 61 qu’elle dirige depuis 2011 ? L’UMP parviendra-t-elle à conquérir un nombre significatif de départements ? Au delà des sondages favorables, l’extrême droite réussira-t-elle à bousculer les équilibres ? Des questions encore sans réponses aujourd'hui. Des sondages placent le Front national à égalité avec l’UMP, le PS étant largement distancé. Dans les états-majors, on vit désormais à l’heure du tripartisme, qui rebat les cartes et les stratégies. Avec bientôt les élections régionales de décembre, puis la présidentielle de 2017. Dans tous les cas, malheur à celui qui arrive troisième !

Mais au-delà de ces incertitudes j'aimerai souligner qu'à situation inédite il y a toujours un inattendu qui se cache. Un inattendu que nombreux auraient voulu ne pas voir réapparaître... Il s'agit du Grand Charcutier de la réforme du scrutin des conseils généreux en départementales, Yves Colmou qui est un homme clé du dispositif socialiste. En charge auprès de Valls, alors Ministre de l'intérieur, de la refonte du scrutin, du redecoupage il entreprend de faire monter la barre pour se maintenir au second tour de 10% à 12,5% des électeurs inscrits... Idée funeste qui va laisser sur le carreau dans la conjoncture actuelle une quantité de candidats socialistes. Cela risque d'être le cas à Fontenay même avec l'inexpérimenté et transparent duo composé par les stratèges de feu la rue de Mauconseil! Un nom prémonitoire à tous les échecs locaux du PS! 

Beaucoup ne voulaient plus le revoir ce conseiller de l'ombre après son exploit de 2002: il faut se souvenir que durant la campagne présidentielle de Lionel Jospin en 2002, Yves Colmou est devenu le directeur de la communication du Premier ministre, tandis que Manuel Valls gère celle du candidat. Lorsque ce dernier lâche, dans un avion de ligne au-dessus de l’océan Indien, que Jacques Chirac est « vieilli, usé, fatigué », Yves Colmou est présent, et donne le feu vert aux journalistes pour rapporter la petite phrase. Une petite phrase qui a fait mal très mal... Dévastatrice même! 

Mais l'incurie des écuries socialistes réside dans cette faculté inouïe non seulement de maintenir mais plus encore de renforcer les pouvoirs de ces conseillers...

L'idée de la parité dans ce scrutin était une belle idée mais pour la réaliser il a fallu diviser par deux les cantons... Et le travail d'Yves Colmou à été de transformer une bonne idée en un désastre électoral absolu! Un non sens politique total au final des circonscriptions illisibles, à la lecture incompréhensible... Pour couronner le tout de cet échec  incontournable et historique pourquoi résister à cette anecdote présidentielle: le président rencontrant les  responsables de partis pour évoquer la réforme territoriale, a qualifié devant l'un d'entre eux le découpage Colmou d' «imbécile». C'est quand même celui-ci qui est en vigueur et pour au moins un mandat.


Pour la recette de cet échec il fallait réunir deux ingrédients: Colmou et les politiques austéritaires, libérales du gouvernement Valls. François Hollande saura t-il en tirer des conclusions? Rien n'est moins sûr 

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