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C'est une première depuis l'indépendance de l'Algérie. La France, ancienne puissance coloniale, sera présente à la cérémonie de la commémoration des massacres du 8 mai 1945.

En effet, c'est le secrétaire d'Etat français chargé des Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, qui représentera à Sétif, le gouvernement français. C'est ce qu'annoncé le  7 avril, l'entourage du ministre cité par l'AFP.  « M. Todeschini effectuera un voyage mémoriel du 19 au 21 avril à Sétif (nord-est) puis Mers El-Kébir (ouest) et Alger », indique la même source.

« Le message du gouvernement sera : plus aucune mémoire n'est oubliée, on est dans une mémoire apaisée », ajoute l'entourage du ministre français. Cette présence s'inscrit dans la logique visant à normaliser les relations entre les deux pays, après des années de froid, parfois glacial.  La venue du ministre français pourrait également être le début d'une reconnaissance des crimes coloniaux qui continue de miner les relations algéro-françaises. Pour rappel, lors des précédentes célébrations de ces douloureux évènements, c'était l'ambassadeur de France à Alger qui avait effectué une visite dans la wilaya de Sétif pour reconnaître, à demi mot, les massacres commis en 1945, qui ont coûté la vie, selon les chiffres officiels, à 45 000 civils algériens dans les régions de Kharrata, Sétif et Guelma. Le massacre de Sétif reste l'une des pages les plus noires de l'Algérie française. Le 8 mai 1945, alors que la France célébrait la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie, les festivités tournèrent au drame à Sétif, Guelma et Kheratta, dans l'est de l'Algérie, où des nationalistes défilèrent, drapeaux algériens à la main.

 

´Le 27 février 2005, l'ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, a reconnu une responsabilité de la France dans ces massacres en   évoquant une "tragédie inexcusable". Mais aucun membre du gouvernement français ne s'est jusqu'ici rendu à Sétif pour commémorer cette page sombre de l'histoire commune franco-algérienne,   a-t-on indiqué dans l'entourage de M. Todeschini. Malgré les déclarations de dirigeants français, notamment du président   François Hollande qui a reconnu en décembre 2012 les "souffrances que la colonisation a infligées" aux Algériens et dénoncé un "système (colonial) profondément injuste et brutal", le travail de mémoire reste compliqué entre les deux pays. 

Les massacres de Setif sont une tâche de sang indigne de la France, indigne d'une nation qui venait de se libérer du joug allemand, de l'occupation nazie. 

C’est jour de deuil en Algérie en ce 8 mai 1945: des dizaines de milliers d’Algériens ont été massacrés, lynchés, torturés, jetés dans des fours à chaux par l’armée française dans plusieurs villes de l’est du pays, après avoir seulement revendiqué le droit à l’existence, la fin du colonialisme, au lendemain de la victoire des alliés sur le nazisme. 
 

Le 8 MAI nous fêtons en France la victoire sur le nazisme en mémoire du 8 Mai 1945. Mais cette date en Algerie c'est celle des MASSACRES DE SETIF, GUELMA ET KHERRATA  avec la France criminelle. Pourtant, à Sétif comme à Guelma, Kherrata ou d’autres villes de l’est du pays, on avait cru, un moment, un bref instant, que les festivités marquant la fin du nazisme en Europe et la fin de la longue nuit coloniale. A Sétif, et dans les villes du »Constantinois », les colons et l’armée coloniale découvrent, effarés, que les Algériens, eux également revendiquent leur liberté. L’affranchissement du joug colonial, après avoir participé, eux également, à la victoire des forces alliées contre les nazis. Et ils défilent à Sétif portant drapeau algérien et pancartes où sont inscrits les slogans »Libérez Messali », »Vive l’Algérie libre et indépendante ». Il y aura 45.000 victimes dont aucune n'est française. 

 

A Guelma, le même jour, la manifestation organisée par les nationalistes, drapeaux algériens et alliés en tête, est arrêtée par le sous-préfet Achiary. La police tire sur le cortège, il y a 4 morts algériens, aucun européen. Achiary décrète le couvre-feu, fait armer la milice des colons. Et, dans la soirée, les arrestations et les exécutions commencent. L’insurrection va se propager avec la nouvelle de la répression dans la région de Sétif, Guelma, Kherrata, JIjel, qui fera plus de 45.000 victimes d’une sauvagerie inouïe, selon la fondation du 8 mai45. A Guelma, le sous-préfet livre des camions bourrés de prisonniers à une mitrailleuse de 24, en position au milieu d’une route. Dans les gorges de Kherrata des algériens sont jetés par grappes du haut des ponts, attachés par des barbelés. A Guelma, on brûle les corps des exécutés dans des fours à chaux pour éliminer les preuves des massacres. Et, ces massacres »sont amnistiés au nom de la raison d’Etat », selon des historiens.

ON BRULE LES CORPS DES ALGERIENS EXECUTES DANS DES FOURS A CHAUX A GUELMA

A Guelma, de nombreux corps ne peuvent être enterrés ; ils sont jetés dans les puits, dans les gorges de Kherrata en Kabylie , des miliciens utilisent les four à chaux pour faire disparaître des cadavres et éliminer les preuves des massacres. Saci Benhamla, qui habitait à quelques centaines de mètres du four à chaux d’Héliopolis, décrit l’insupportable odeur de chair brûlée et l’incessant va-et-vient des camions venant décharger les cadavres, qui brûlaient ensuite en dégageant une fumée bleuâtre.

De nombreux musulmans, dirigeants politiques et militants, du Parti du peuple algérien (PPA), des Amis du manifeste de la liberté (AML) (dont le fondateur Ferhat Abbas) et de l’association des oulémas furent arrêtés. Le 28 février 1946, le rapporteur de la loi d’amnistie (qui fut votée) déclarait en séance : « Quatre mille cinq cent arrestations furent ainsi effectuées, 99 neuf condamnations à mort dont vingt-deux ont été exécutées, soixante-quatre condamnations aux travaux forcés à temps et il y aurait encore deux mille cinq cents indigènes à juger » .La répression prend fin officiellement le 22 mai. L’armée organise des cérémonies de soumission où tous les hommes doivent se prosterner devant le drapeau français et répéter en chœur : « Nous sommes des chiens et Ferhat Abbas est un chien ». Des officiers exigent la soumission publique des derniers insurgés sur la plage des Falaises, non loin de Kherrata. Certains, après ces cérémonies, sont embarqués et assassinés. Pendant de longs mois, les algériens musulmans qui, dans les campagnes, se déplaçaient le long des routes continuèrent à fuir pour se mettre à l’abri, au bruit de chaque voiture. L’historien algérien Boucif Mekhaled, raconte : « [À Kef-El-Boumba], j’ai vu des français faire descendre d’un camion cinq personnes les mains ligotées, les mettre sur la route, les arroser d’essence avant de les brûler vivants ». 

C'est tout cela que l'on ne peut effacer. Il faut entreprendre le devoir de mémoire et rappeler qu'il y a eu en France des femmes et des hommes qui ont porté leur vœux pour dénoncer ces crimes. Il serait nécessaire aujourd'hui de les mettre en exergue car ils sont la dignité de notre nation. C'est pour cela que je pense entre autre qu'il faudrait relire " La sueur du burnous"  de Paul Vigné d’Octon qui s’ouvre sur le préambule suivant : « J’ai fait ce rêve : il y avait enfin sur la terre une justice pour les races soumises et les peuples vaincus. Fatigués d’être spoliés, pillés, refoulés, massacrés, les arabes et les berbères chassaient leurs dominateurs du Nord de l’Afrique, les noirs faisaient de même pour le reste du continent, et les jaunes pour le sol asiatique. Ayant ainsi reconquis par la violence et par la force les droits imprescriptibles et sacrés qui par la force et la violence leur furent ravis, chacune de ces familles humaines poursuivait la route de sa destinée un instant interrompue. Et oubliant que j’étais français - ce qui n’est rien - pour ne me souvenir que d’une chose : que j’étais homme - ce qui est tout -, je sentais dans la profondeur de mon être une indicible jubilation ». 
 

Paul Vigné d’Octon déjà présent sur quelques post de ce blog et pour lequel j'ai une attention toute particulière politiquement et qu'humanitairement mon cousin germain le Général Jean Ruas, médecin de la Marine Nationale et originaire d'Octon, tout comme Paul, me fit découvrir il y a une trentaine d'années.... Depuis lors Vigné d’Octon accompagne ma Raison d'anticolonialiste et me transmet cette nécessaire Lumière qui devrait nous éclairer pour nous reconnaître différents et égaux. 

Paul Vigné d’Octon fut le témoin oculaire et inquiet des abus des généraux, de la vénalité des administrateurs, et de l’arbitraire de la soldatesque. A lire son œuvre, on a l’impression qu’il a beaucoup de mal à réprimer son émotion devant l’injustice et le cynisme. Au moment de l’élaboration de son « rapport-témoignage », on a l’impression que ce médecin-écrivain gardait dans son esprit les corps des morts, encore allongés dans les chambres froides de sa mémoire. 

8 Mai 1945 la France avec 70 ans de retard!
8 Mai 1945 la France avec 70 ans de retard!
8 Mai 1945 la France avec 70 ans de retard!
8 Mai 1945 la France avec 70 ans de retard!
8 Mai 1945 la France avec 70 ans de retard!

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