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À mes procureurs Ruquier et Caron par Caroline Fourest.


Ce samedi soir, de façon assez sidérante, Laurent Ruquier m'a excommuniée d'On n'est pas couché. Car, dit-il, je lui aurais "menti". De quoi parlons-nous? Toujours de cette plainte ubuesque intentée en 2013 par la famille d'une jeune femme voilée suite à l'une de mes chroniques dénonçant les agressions contre des femmes voilées. Sans la nommer, j'invitais mes interlocuteurs à ne pas s'emballer sur une affaire instrumentalisée par des collectifs intégristes, où la version de la victime est confuse, et où l'avocat, maître Hosni Maati, parle d'agression commise par un skin "à crête rouge". C'est cette plainte qu'Aymeric Caron n'a cessé d'agiter pour tenter d'entacher ma crédibilité et de m'empêcher de parler de mon livre, jusqu'à ce que je lui dise ses quatre vérités. Le début d'un "buzz" imbécile aboutissant à cette excommunication.
Tout est symptomatique dans cette affaire. Visiblement influencé par la version de maître Maati, Laurent Ruquier m'accuse d'avoir "menti" pour avoir dit à Aymeric Caron de passer à autre chose, puisque ce procès avait été "gagné" en appel. En l'occurrence, je me référais à un message de mes avocats: "C'est bon. Ils n'ont pas interrompu le délai de prescription pour l'appel...". N'étant pas juriste, j'ignorais qu'il existe un délai technique entre le moment où les avocats constatent la prescription, et le moment où la Cour d'appel doit statuer pour le déclarer. Ce que j'ai appris le lendemain matin. J'ai aussitôt fait cette précision sur mon blog, ainsi que sur Europe 1 et LCP. Tout comme mon avocat.
Maître Richard Malka a ainsi écrit: "Je confirme que ma cliente a toutes les raisons d'être sereine. Comme je l'en ai informée avant l'enregistrement de On n'est pas couché, nous avons constaté que le délai n'ayant pas été interrompu par la partie adverse, l'action est prescrite. Ce que nous allons demander à la Cour de constater."
Pourquoi Laurent Ruquier a-t-il choisi de ne pas dire cette vérité à l'antenne ? Pourquoi ne pas avoir cité la mise au point de mon avocat, qui a été transmise à son équipe, au lieu de m'accuser d'avoir menti ? Serait-ce parce que la vérité importe moins que de me faire payer un crime de lèse-majesté, presque un blasphème: avoir égratigné On n'est pas couché dans la presse ?
Faut-il s'en étonner ? Nous parlons d'une équipe plusieurs fois rappelée à l'ordre par le CSA (ici, ici, là et là également), connue pour ses dérapages sexistes (ici, ici et là), capable d'annoncer la mort d'une femme qui vit encore, de sauver au montage les propos douteux d'Aymeric Caron sur les crimes de Mohammed Merah face à Alexandre Arcady, d'inviter Tariq Ramadan sans vraiment le contredire, de promouvoir des conspirationnistes, de mettre cinq ans à l'antenne un procureur xénophobe comme Eric Zemmour (condamné pour provocation à la "haine raciale"), quand elle ne met pas en scène la gauche "idiote et utile" à travers Eric Naulleau et Aymeric Caron... Un chroniqueur prêt à tout pour éviter le débat de fond sur cette gauche islamo-gauchiste qu'il relaie. Y compris m'accuser d'avoir "modifié" et fait disparaître cette fameuse chronique sur l'agression des femmes voilées pour effacer mes traces... Alors qu'elle est passée en direct à la radio et toujours disponible, telle quelle, sur le site de Radio France! 


La mise au point de Richard Malka, avocat de Caroline Fourest.


Suite à l’altercation (totalement anecdotique) avec Aymeric Caron, plusieurs sites se sont permis de donner uniquement la version de maître Hosni Maati. Voici celle de mon avocat :


Maître Richard Malka : « Je confirme que ma cliente a toutes les raisons d’être sereine. Comme je l’en ai informée avant l’enregistrement de « On n’est pas couché », nous avons constaté que le délai n’ayant pas été interrompu par la partie adverse, l’action est prescrite. Ce que nous allons demander à la Cour de constater. » 
Mes précisions : Quand Aymeric Caron m’attaque sur cette vieille plainte, totalement hors sujet, il se trouve que j’ai rapidement évoqué ce dossier avec mes avocats au téléphone et qu’ils m’ont dit « Pour l’appel, c’est plié. C’est prescrit. Ils n’ont pas interrompu le délai… »


Pour moi, c’est donc gagné. Ce que je ne savais pas, en toute bonne foi, car je ne suis pas juriste, c’est qu’une fois la prescription constatée, il faut encore attendre que la Cour d’appel statue officiellement sur cette prescription. Ce qui peut prendre des mois. Un délai technique dont joue l’avocat adverse : Maître Hosni Maati, qui est également l’avocat des Indivisibles, mis en cause dans mon livre pour leurs campagnes haineuses contre Charlie, et à l’origine d’une plainte délirante en diffamation contre Jeannette Bougrab.


Le but est limpide : tenter de me décrédibiliser, agiter une mauvaise polémique contre moi et masquer son échec en m’accusant d’avoir menti.


En réalité, sous le coup de la fatigue (5H d’enregistrement) et de l’agacement pour ce faux procès, j’ai simplement été imprécise. La Cour appel va statuer sur une plainte… Prescrite. C’est donc gagné, mais précipité et familier de le dire ainsi.


Je veux bien reconnaître que nous avons tous les deux été imprécis d’une certaine manière. Mais Aymeric Caron, lui, va-t-il s’excuser pour l’accusation totalement fausse et mensongère qui a suivi cette attaque destinée à éviter tout débat de fond sur le livre ? La partie où il se met carrément à m’accuser d’avoir modifié et fait disparaître ma chronique (passée en directe à la radio !) alors qu’on peut la trouver telle quelle sur le site de Radio France… Et qu’il ne l’a simplement pas trouvée ! Une accusation qui, pour le coup, relève de la diffamation.


Une fois encore, ce type de mises en causes absurdes, ce journalisme mesquin et spectacle m’atterre. Mais illustre parfaitement l’acharnement dont sont capables certains groupes et certains sites contre toute tentative de défendre une vision équilibrée et claire de la laïcité.


 Caroline Fourest


Et le droit de réponse de Caroline Fourest à Caron et à Mediapart: 


" Le mensonge de trop "


Relais de la propagande de Tariq Ramadan et de ses alliés, visibles ou Indivisibles, depuis des mois, la « rédaction de Mediapart » — sur la capture d’écran ci-joint — devenue « les invités de Mediapart » (après parution de ce texte), bref le blog de Mediapart vole au secours d’Aymeric Caron en cherchant à me faire passer pour malhonnête. Pour avoir refusé son accusation inexacte concernant une plainte en diffamation contre l’une de mes chroniques.


C’est un honneur, quand on est journaliste, de soulever des questions qui fâchent. Quitte à subir le risque d’être poursuivi par ces fâchés. Mediapart devrait le savoir.


Honteusement, je dois confesser avoir enduré très peu de procès, bien moins qu’eux, et n’avoir pas reçu autant de leçons de morale du CSA qu’« On n’est pas couché ». À peine quelques procès avec le FN et Frédéric Châtillon, pour avoir dénoncé leur antisémitisme. Et une plainte — en sept ans à France Culture — de la part du père d’une jeune femme voilée, qui n’est même pas nommée dans ma chronique.


L’objet de sa colère ? Une chronique où je dénonce les agressions contre les femmes voilées comme étant des attaques racistes, tout en invitant mes confrères à ne pas s’emballer (comme ils l’ont fait) à propos de deux affaires où des jeunes femmes ont fait des déclarations confuses et contradictoires.


Le père de cette jeune femme voilée, qui communique beaucoup à sa place, a estimé injuste que je l’accuse de… parler beaucoup à sa place, et d’avoir émis des doutes sur sa version.


Il a obtenu gain de cause en première instance à la très grande surprise de mes avocats, tout à fait confiants pour l’appel. L’avocat adverse doit penser la même chose. Il a délibérément laissé filer le délai de prescription pour que cet appel n’ait pas lieu, et abandonné les poursuites.


Je suis donc affranchie de cette plainte ridicule, contrairement à ce qu’affirme Aymeric Caron avec beaucoup de violence, en me faisant passer pour une menteuse, et surtout en refusant d’accepter que je puisse connaître un peu mieux le dossier que lui…


Mediapart et Edwy Plenel, en revanche, ont été condamnés pour diffamation. Cela arrive. Surtout aux meilleurs d’entre nous. Ils devraient trouver mieux pour faire diversion et éviter le débat de fond qui nous oppose : faut-il traiter d’  « islamophobe » toute personne qui critique Tariq Ramadan ou blasphème ?


Mediapart aurait pu me contacter, moi ou mes avocats, pour connaitre l’issue de cette plainte avant de me traiter de menteuse sans vérifier. Cela montre, pour reprendre leurs mots, le peu de respect qu’ils portent à la vérité des faits.


Caroline Fourest


 


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