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Quel plaisir de voir et revoir ce monumental monologue de Jean Gabin dans Le Président d'Henri Verneuil. ¨Pas une ride au rendez-vous des années passées depuiq 1961... Pas une rid eau regard de notre actualité politique européénne avec la crise grecque. Dans cette richesse du dialogue, d'Audiard, j'ai retenu cet extrait:

 Le président Beaufort : Ce projet je peux déjà par avance vous en dénoncer le principe. La constitution de trusts horizontaux et verticaux et de groupes de pression qui maintiendront sous leur contrôle non seulement les produits du travail mais les travailleurs eux mêmes. On ne vous demandera plus, Messieurs de soutenir un ministère. Mais d'appuyer un gigantesque conseil d'administration.

Mais la verve de Michel Audiard m'entraîne à vous citer cet autre extrait de Gabin: « La politique, Messieurs, doit être une vocation. Je suis sûr qu'elle l'est pour certains d'entre vous, mais pour le plus grand nombre elle est un métier. Un métier qui ne rapporte pas aussi vite que beaucoup le souhaiteraient et qui nécessite de grosses mises de fonds, car une campagne électorale coûte cher. Mais pour certaines grosses sociétés, c'est un placement amortissable en quatre ans. Et pour peu que le protégé se hisse à la présidence du Conseil, alors là le placement est inespéré. Les financiers d'autrefois achetaient des mines à Djelitzer ou à Zoa, ceux d'aujourd'hui ont compris qu'il valait mieux régner à Matignon que dans l'Oubangui et que fabriquer un député coûtait moins cher que de dédommager un roi nègre. »

Le film s'empare de la question européenne, à travers le projet d'Union Douanière, pour  illustrer les deux conceptions à l'œuvre dans le film: celle représentée par Beaufort, fervent européen mais attaché à un certain protectionnisme, à l'autorité de l'État et à une économie de marché régulée visant à protéger les moins fortunés, et celle défendue par Chalamont, inféodé au pouvoir financier, dont l'action a pour but d'encourager la mainmise des grands groupes industriels nationaux et internationaux sur la destinée du pays. Ce combat prend toute sa mesure dans la fameuse scène à l'Assemblée Nationale où Gabin fustige l'hypocrisie et la corruption des élites politiques presque complètement soumises aux intérêts privés plutôt que fidèles à ceux du pays. Bien entendu nos députés actuels ne sont pas une élite soumise à des intérêts privés comme tend à le démontrer le film pour un certain nombre d'entre-eux tantôt président de conseil d'administration tantôt actionaire de fonds industriels... Mais il signe la démonstration éclatante du de l'immiscion de ces groupes financiers pour pousser leurs intérêts au détriment d el'intérêt général et souverain d'une nation. C'est l'allégeance de certains à ces oligarchies financières par l'essor de politiques libérales. Tout cela est est aujourd'hui à l'oeuvre et nous en avons été les témoins avec le déroulement de la crise grecque et du déni de l'expression souveraine d'un peuple par les dirigeants europééns. Ce film conserve une grande jeunesse par la lucidité de scénério appuyé sur un dialogue antholgique de Michel Audiard.

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