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Intéressante intervention du prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz qui a jugé hier dimanche 12 juillet que "l'Allemagne  a montré un manque de solidarité. Vous ne pouvez pas gérer une zone euro sans un minimum de solidarité. Cette crise sape complètement la vision commune et la solidarité européenne. C'est un désastre"
Présent ce jour en Éthiopie pour soutenir la création d'un organisme fiscal international afin de lutter contre l'évasion fiscale des multinationales en Afrique il pointe l'hypocrisie des pays riches qui cherchent avant tout à protéger leurs grandes entreprises qui échappent à l'impôt dans les pays en développement. Il est lucide quand il affirme que "les dirigeants européens et occidentaux critiquent la Grèce pour son incapacité à collecter l'impôt. Dans le même temps, les Occidentaux ont créé un système d'évasion fiscale mondial... et les pays avancés essayent de contrer l'effort global pour stopper l'évasion fiscale. On ne peut pas être plus hypocrite"...
 

Quand au dernières nouvelles de Bruxelles sur le dossier grec on ne peux qu'être désagréablement surpris par la volonté des ministres des Finances de la zone euro de plancher un projet d’accord préliminaire sur l’ouverture prochaine de négociations avec la Grèce sur une série de conditions très strictes auxquelles la Grèce devrait consentir pour que, dans quelques jours, les 19 consentent à ouvrir ces fameuses négociations. Outre des réformes additionnelles, et le vote de certaines d’entre elles déjà cette semaine, on imposerait à la Grèce l’idée qui a été émise vendredi dernier et défendue à l’Eurogroupe par le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble : la création d’un fonds, sous administration européenne, auquel la Grèce apporterait des actifs publics d’une valeur de 50 milliards d’euros.

Ce fonds, conçu sur le modèle du Treuanstalt créé après la réunification allemande pour privatiser les actifs de l’ancienne Allemagne de l’Est, serait basé à Luxembourg, et vendrait ces actifs afin de rembourser une partie de la dette publique grecque. C'est serait une façon de mettre ces biens grecs sous tutelle. Ou bien plus l'approche d'une appropriation "douce" des biens nationaux grecs par l'Allemagne. 

En résumé, il s'agit de libéraliser l'économie, en modifiant, par exemple, les règles en vigueur dans le secteur énergétique, les retraites, le marché du travail, celles régissant le travail du dimanche, les périodes de soldes, les boulangeries ou le commerce du lait... L'Eurogroupe demande également la "dépolitisation" de l'administration grecque et le retour "des institutions" (la troïka formée par le FMI, l'UE et la BCE) à Athènes.

A ces mesures, l'Eurogroupe a ajouté quatre exigences : davantage de privatisations, réduire le coût de l'administration, faciliter le travail de surveillance des institutions internationales, et imposer un droit de regard des institutions sur les projets normatifs grecs. 

"Le gouvernement doit consulter et obtenir l'accord des institutions sur tout projet de loi dans certains domaines importants (...) avant de le soumettre à une consultation publique ou au Parlement", selon le texte de l'Eurogroupe. C'est la fin de la souveraineté. C'est la mise sous tutelle ou l'annexion de la Grèce. Une nouvelle occupation allemande. Imaginez demain la France avec notre parlement, notre démocratie, notre peuple souverain interdit d'expression...

 

Le libéralisme totalement sauvage et dans sa brutalité vient dans cette crise marquer des points dont s'il nous sera difficile de nous en défaire et surtout quand je constate cette atonie des nations.



 

 ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble

ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble

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