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Décidément la géopolitique est un exercice toujours en mouvement qui ignore les conclusions hâtives. Il en est ainsi avec Poutine qui devient sur la question syrienne l'homme fort et surtout qui prend des décisions qui tranchent avec celles de l'Occident. Il vient tout simplement de faire le choix de désigner l'Etat Islamique comme étant l'ennemi à d'abattre en raison du danger qu'il fait courir au monde en raison de la guerre qu'il entreprend et qui dépasse la simple question syrienne ou irakienne. Sur ce point comment ne pas lui donner raison alors qu'il ne faut pas être grand devin pour deviner combien l'étendue du péril Etat islamique est supérieure à l'action criminelle d'Assad qui s'en tiendra toujours au périmètre de son territoire. alors aujourd'hui Poutine, tenu à l'écart par l'Occident en raison du conflit ukrainien, s'est spectaculairement replacé au centre du jeu sur la Syrie, déchirée par la guerre civile depuis quatre ans et demi.
Au moment où la Russie augmentait sensiblement sa présence militaire en Syrie, déployant des troupes et des avions dans un des fiefs du régime, il a annoncé qu'il cherchait à mettre en place avec les pays de la région "une plateforme commune" contre les jihadistes ultra-radicaux du groupe Etat islamique (EI). La priorité. 
Prise de court par l'offensive diplomatique russe, la Maison Blanche affirme qu'il serait "irresponsable" de ne pas tenter la carte du dialogue avec le chef du Kremlin, et revendique avec ce dernier une approche pragmatique, au cas par cas. La position française s'éloigne de cette approche pragmatique. Toutefois avec prudence Ben Rhodes, proche conseiller d'Obama, souligne dans une déclaration que "Nous observons les actes, pas seulement les mots" et que "Sur l'Ukraine, les actes ont rarement suivi les mots. Mais sur le dossier nucléaire iranien, la Russie a tenu ses engagements et joué un rôle constructif". De son côté le département d'Etat affirme dans un communiqué que "Nous sommes juste en train de commencer à essayer de comprendre quelles sont les intentions de la Russie en Syrie et en Irak, et d'essayer de voir s'il y a des moyens de trouver une issue bénéfique".
Exploitant les tergiversations occidentales sur le sort du président syrien Bachar al-Assad, Moscou martèle que soutenir ce dernier est le seul moyen de mettre un terme à une guerre qui a déjà fait plus de 240.000 morts.
Les Etats-Unis réclament depuis des années le départ du président syrien. Mais ils ont récemment assoupli leur position: il y a une semaine, le secrétaire d'Etat John Kerry concédait que le calendrier de la sortie de M. Assad était négociable...
La réalité aujourd'hui c'est que Washington ainsi qu'une soixantaine de pays européens et arabes sunnites pilotent depuis un an une coalition militaire qui frappe des bastions de l'EI en Syrie et en Irak.
Mais toutes ces opérations militaires n'ont pas empêché l'organisation jihadiste de consolider ses positions, ni ruiné son pouvoir d'attraction: près de 30.000 jihadistes étrangers se sont rendus en Syrie et en Irak depuis 2011, selon des responsables du renseignement américain cités par le New York Times. Le monde est ce jour accroché à la tonalité de la rencontre entre Obama et Poutine... De son côté Poutine est dans une action déterminée à tout mettre en œuvre pour anéantir L'Erat Islamique 
et pourquoi pas trouver un allié supplémentaire de poids avec la Chine qui vient de déployer en Méditerranée son plus gros porte-avions armé de chasseurs et d'hélicoptères. Chasseurs et les hélicoptères chinois qui devraient se déployer, d’ici le milieu de novembre, sur ce porte-avion ou s’envoler, via l’espace aérien de l’Iran ou, encore, être transférés, via l’espace aérien iranien et irakien et à l’aide des transports russes... Ces entreprises chinoises et russes donnent une autre dimension au conflit. 
Je voudrais retenir les déclarations de l'ambassadeur russe interrogé par Bourdin sur BFMTV. Sur le fond de la question syrienne il a confirmé que la Russie s’engageait dans une intervention militaire que Poutine veut voir s’inscrire dans le cadre d’une alliance internationale contre Daesh. Il a clairement dit que Bachar n’était pas un démocrate, mais qu’il fallait l’inclure dans la coalition car « first things first », le règlement politique en Syrie ne pourra survenir qu’après l’éradication du péril islamiste, qui, a-t-il insisté, menace le monde entier.
Il a aussi admis en passant que l’école diplomatique russe était excellente, et que les Russes, formés à la stratégie par le jeu d’échecs, savent jouer plusieurs coups à l’avance… Aucune question ne lui a été posée sur l’Ukraine, et c’est mieux ainsi: ne mélangeons pas tout, et restons sur l’essentiel. Cette déclaration nous permet de mesurer le gouffre qui nous sépare de la Russie et que l'approche du complexe est une donnée mal maîtrisée par notre Présidence. 
 
 
 
 

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