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L’aide au logement (APL) devrait voir son montant diminuer pour 500 000 ménages français sur les 6,5 millions de personnes bénéficiaires actuellement de l’aide. Le gouvernement envisage ainsi une économie de 185 millions d’euros l’an prochain puis 274 millions d’euros les années suivantes.

En février dernier dans une interview au Journal du dimanche, Sylvia Pinel estimait qu'une réforme des aides personnalisées au logement pourrait contrarier une possible reprise du secteur de l'immobilier, alors qu'un rapport remis au gouvernement préconisait de resserrer l'accès à ces aides. Ces APL étaient dans le collimateur et aujourd'hui madame Pinel est contredite par l'annonce par Michel Sapin de cette très importante baisse d'aide au logement inscrite dans notre programmation budgétaire pour 2016. Contredit également dans la famille socialiste le Président PS du groupe de travail sur les aides personnalisées au logement Francois Pupponi qui il y a quelques mois déclarait péremptoire que "Raboter les APL : socialement inefficace et politiquement suicidaire". Décidément le sens de la politique menée par les socialistes est telle une girouette: déroutant, tourbillonnant et déstabilisant pour les français. 
 

Pour recevoir régulièrement les demandeurs de logement sur notre ville je mesure facilement la place prise par les APL qui demeurent indispensables socialement. Je sais aussi combien l'éloignement de ces réalités entraîne les socialistes locaux à en ignorer l'importance ou du moins la feindre et ne trouver rien à redire à cette baisse colossale des aides au logement. Ils sont muets sur ce sujet mais prolixe pour dezinguer notre politique municipale ou trouver quelques arguties pour de légitimiser le groupe des socialistes restés fidèles à un engagement de nature sociale et solidaire. Mais bref le libéralisme étant un concept de gauche selon Macron leur tout nouvel idéologue et s'invitant aux congrès du PS  nous ne pouvons que  nous attendre à toutes les déviances...

Nous voyons qu'aujourd'hui les APL sont à nouveau en danger. En période de recherches d’économies budgétaires, les aides personnelles au logement sont menacées, alors qu’elles jouent un rôle social plus que jamais indispensable pour empêcher les ménages modestes de basculer dans la pauvreté. En avril dernier Michel Sapin annonçait dans la perspective du projet de loi de finances pour 2016 que : « L’effort pour l’armée doit être compensé par des économies sur le logement et la santé ». Peu avant la toute récente démonstration de Michel Sapin on a assisté à la multiplication des discours simplistes sur des aides qui seraient contre-productives, hors de prix ou mal réparties pour mieux asséner la volonté de réduction drastique de ces aides. Il faut garder en mémoire qu'avant tout arbitrage budgétaire que:

– Les APL ont déjà été recentrées socialement à de multiples reprises, et bénéficient aujourd’hui aux plus modestes, si bien qu’elles remplissent un rôle de réduction de la pauvreté aussi important que les minima sociaux. Le seuil d’exclusion des APL (niveau de ressources à partir duquel on ne bénéficie plus des aides) est situé autour du Smic pour une personne isolée. 49 % des allocations sont attribuées aux 10 % des ménages les plus pauvres de la population.

– Il n’existe pas à ce jour de consensus scientifique à propos d’un effet inflationniste des APL sur le montant des loyers, et encore moins une évaluation fiable de cet éventuel effet.

– Si l’effet inflationniste des APL n’est pas évident, l’effet déflationniste sur les loyers de leur baisse l’est encore moins. Au contraire, tout laisse à penser qu’une réduction des apl se traduirait, comme ce fut le cas récemment au Royaume-Uni, par une baisse des revenus des ménages allocataires plutôt qu’une baisse de leurs loyers.


Les causes de la hausse des APL ces dernières années sont connues : une précarisation massive des couches populaires et une hausse inédite des loyers en particulier dans le parc privé. C’est en s’attaquant à ces deux causes structurelles, notamment en produisant du logement accessible financièrement et en encadrant les loyers privés, que l’Etat pourra, à terme, espérer faire des économies. Pas en s’attaquant aux pauvres.

Contrairement au choix du gouvernement socialiste les APL méritent au contraire d’être revalorisées (suppression du mois de carence, doublement du forfait charges, réduction du non-recours…) pour permettre aux ménages pauvres et modestes de se loger dans de meilleures conditions et éviter au maximum les expulsions locatives. À mener une politique antisociale de droite 

 

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