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La triche industrielle. Après l'arnaque Volkswagen celle des cartouches d’encre soi-disant vides... 

Une imprimerie a fait une étonnante découverte en ouvrant les cartouches usagées de leur imprimante EPSON. Celles-ci contenaient des grosses quantités d’encre alors que l’imprimante et son logiciel de traitement des données demandait leur remplacement… C'est une espèce d’obsolescence organisée pour inciter au renouvellement du consommable que cette imprimerie par sa curiosité à réussi a démontrer.

En Europe, près de 200 millions de cartouches sont utilisées et jetées chaque année. Une manne de 60.000 tonnes de déchets dont on se passerait bien et alimentée depuis plusieurs années par les fabricants d’imprimantes qui utiliseraient diverses techniques pour encourager le remplacement précoce des cartouches. En effet, face aux prix des imprimantes qui ne cessent de baisser, le commerce des cartouches est de loin le plus juteux pour les marques. Et il y a de quoi ! Une cartouche domestique de couleur noire contient en moyenne entre 6 et 15 millilitres d’encre (parfois plus) pour un coût allant de 10 à 15 euros. Ceci équivaut à plus de 1000 euros le litre d’encre. De « l’or liquide » qu’il conviendrait, en principe pour la utilisateur que nous sommes d’utiliser jusqu’à la dernière goutte... Naïveté face à la soif industrielle de profit qui a bien compris que les moutons étaient à tondre régulièrement et qu'il faut même en accélérer le rythme par un renouvellement croissant. 

Comme l’indique le site pixelistes.com, c’est « un pavé dans la mare du lobby des fabricants d’imprimantes que vient d’envoyer Seattle Bellevue Fine, une petite société spécialisée dans l’impression. Ceux-ci utilisent régulièrement une imprimante professionnelle de type Epson 9900 et le budget encre leur est particulièrement élevé. D’une contenance de 350 millilitres, elle coûtent 150 euros chacune. Comme toute imprimante, une alerte se déclenche automatiquement quand l’imprimante juge que le niveau d’encre est critique. Il devient alors impossible d’imprimer tant que les cartouches ne sont pas remplacées. Ce blocage est redouté de tous les utilisateurs car il survient toujours en période de chauffe...

C'est alors qu'excédés par ce procédé qu'ils jugent inopportuns au regard du niveau d'impression déjà effectué que les membres de Bellevue Fine ont décidé de démonter les cartouches soit disant vides pour en extraite le précieux liquide et la surprise va être à la hauteur de leurs espérances. Chaque cartouche contenait entre 60 et 80 millilitres d’encre, soit entre 17 et 23% du contenant! Bien loin des 1% indiqué par l’appareil. Sur l’ensemble de la gamme de couleurs, l’entreprise va récupérer près d’un litre d’encre. Epson n’ayant jamais donné suite aux réclamations de l’entreprise, ceux-ci ont décidé de publier leur découverte dans une vidéo publiée sur Youtube.

Déjà en 2008, le magazine informatique PC World avait révélé cette « arnaque » courante réalisée par les grandes marques de l’impression. À l’époque, les tests avaient démontré que certaines imprimantes poussaient à changer une cartouche alors qu’elle contenait jusqu’à 45% du contenu initial. Paradoxalement, EPSON s’en sortait plutôt bien avec 8% d’encre restante contre 24% chez Canon et 43% chez Kodak (cartouches originales). En pratique, ce phénomène est considéré comme une forme d’obsolescence profitant de la naïveté du consommateur tout en laissant les marques prétexter des spécificités techniques (qualité d’impression) pour se justifier. Rappelons que dans le documentaire "Prêt à jeter", réalisé par Cosima Dannoritzer en 2010 et diffusé sur Arte, on découvrait qu’une imprimante, également de marque EPSON, était soupçonnée de porter une puce limitant le fonctionnement de l’appareil à 18 000 impressions pour inciter l’utilisateur à la remplacer. 

 

C'est toujours l'utilisation d'un logiciel masqué ou de données truquées pour tromper l'utilisateur tout en affirmant afficher des tests de contrôles répondant à des caractéristiques impératives. Le monde de l'industrie organise quelque soit son domaine une gigantesque escroquerie et le développement de l'affaire des pots d'échappement des moteurs diesels de la firme Volkswagen n'en est qu'un avatar supplémentaire tout comme l'obsolescence programmée des produits Epson, des producteurs d'imprimantes. 

 

J'aimerais connaître l'impact financier de cette tricherie sur notre budget municipal.  Une collectivité comme la notre est grande consommatrice d'encre en raison de son important parc d'imprimantes et de son renouvellement fréquent. Au moment même où nous sommes sous l'emprise de baisses abyssales des dotations de l'état et que pour palier ce manque d'apport financier nous en sommes contraints et forces de comprimer nos budgets, de compresser et écorner nos missions de service public les quelques peut-être milliers d'euros subtilisés par le stratagème des constructeurs d'imprimantes nous seraient d'un très léger secours au lieu d'aggraver notre budget de fonctionnement. 






 

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