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Un homme de culture qui refusait les insignifiances. Un homme qui a enchanté mes heures et heures assoiffées de culture avec ses documentaires ou entretiens avec Joseph Delteil ou Marcel Duchamp sans oublier son mano à mano sublime ou toute l'intelligence et le génie viennent à notre rencontre, intime, dans la petite lucarne avec Andre Malraux pour nous démontrer que la télévision publique était chargée d'une mission d'éducation...


C'est donc avec tristesse que j'ai appris le décès en septembre 2015 à l'âge de quatre-vingt-six ans de
 
Jean-Marie DROT


Je veux ici reprendre le communiqué émouvant du syndicat des réalisateurs du syndicat national de la radio et de la télévision dont il fut le fondateur.


Dès 1963, en tant que secrétaire général de la section syndicale des réalisateurs du Syndicat national de la radio et de la télévision (SNRT-CGT), il négocia et signa le premier "Protocole d'accord relatif à la profession de réalisateur des émissions de télévision" avec l'ORTF qui servit de base à la première Convention collective des réalisateurs de télévision en 1977. En 1965 il participa à la création du Syndicat français des réalisateurs de télévision (SFRT cgt) et en fut le premier secrétaire général. C'est en tant que président de la Scam qu'en 1997 il accueillit en l'Hôtel de Massa la dernière assemblée générale extraordinaire du SFRT au cours de laquelle fut fondé le Syndicat français des réalisateurs (SFR cgt). 
 
Documentariste, écrivain, homme de culture, il a marqué la télévision par ses séries documentaires Les heures chaudes de Montparnasse et Journal de voyage où il s'entretenait avec les grands acteurs de la vie artistique de la première moitié du XXe siècle : Brassaï, Chagall, Delteil, Duchamp, Giacometti, Kahnweiler, Malraux, Seghers, Zadkine...
 
Il fut ensuite directeur de l'Institut français d'Athènes de 1982 à 1984 et directeur de l'Académie de France à Rome (Villa Médicis) de 1984 à 1994.
 
Défenseur acharné d'une télévision publique exigeante, il écrivait dernièrement :


« Aucun des prétendants au trône, qu’il soit de gauche ou de droite, ne propose rien de sérieux pour définir clairement les responsabilités de l’État dans l’organisation et le financement du partage culturel au XXIe siècle. 
Rien sur l’urgence de la réforme d’un service public audiovisuel qui, à quelques exceptions près, a renoncé à la plupart de ses missions et sombré dans une imitation médiocre de TF1, qu’accompagne une recherche systématique de l’audience et de la manne publicitaire. 
Rien sur la précarité des intermittents. 
Rien sur le formatage généralisé des émissions. 
Rien sur la diffusion de plus en plus tardive des auteurs qui refusent l’insignifiance. 
Rien sur la disparition scandaleuse des séries musicales, littéraires, artistiques, scientifiques, etc. Bref, rien qu’une soumission au dieu unique : le fric. Il nous faut continuer à nous battre car au cours de sa dernière intervention publique, devant l’Assemblée nationale, le 12 mai 1976, André Malraux a dit : « La meilleure loi sur les libertés serait peu de chose, si elle ne se rendait pas maîtresse du plus puissant instrument de liberté et d’asservissement qui ait été conçu par l’homme : la télévision ».


S F R - C G T

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