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L’Observatoire de la laïcité est contesté pour son approche orientée de la laïcité et sa collaboration avec des réseaux intégristes organisant la chasse aux militants laïques.

Une pétition rassemblant près de 5000 laïques demandait déjà son départ. Quatre membres éminents de l’Observatoire de la laïcité ont claqué la porte. Le Premier ministre lui-même s’est inquiété des lignes franchies par son président et son rapporteur.

Se sentant sur la sellette, Jean-Louis Bianco a cherché a mobilisé ses soutiens… Ils sont définitivement compromettants.

Après avoir tenté d’obtenir le retrait de la pétition le critiquant sur Change.org, donné une interview au Monde où il s’est dit victime d’une cabale « laïciste intégriste », après un passage auGrand Journal troublant d’incompétence où il a dit ne pas comprendre la polémique sur le mot « islamophobie », il est allé mobiliser ses partisans sur le site islamiste SaphirNews.

De fait, ses premiers soutiens venaient des cercles islamistes (dont la proximité avec l’Observatoire est démontrée). Marwan Muhammed, figure de proue du CCIF (Collectif contre l’islamophobie), sans doute l’une des organisations les plus ouvertement agressives envers la laïcité et ses défenseurs, a même écrit une tribune dans Libération pour soutenir Jean-Louis Bianco.

A l’origine de cet  appel désespéré

Pour compenser la radicalité de ces soutiens, le président de l’Observatoire est allé chercher l’appui d’universitaires plus présentables. Il a sollicité deux de ses proches pour monter un appel : Jean Baubérot et Raphaël Liogier.

Ce n’est pas un hasard s’il s’agit de deux chercheurs voulant importer une laïcité à l’anglo-saxonne, plus « ouverte » aux accommodements déraisonnables face aux revendication religieuses et sectaires.

En toute hâte, ils ont convoqué leurs contacts en demandant à ce que l’on résiste à la « normalisation » de l’Observatoire par les « capitulards gouvernementaux ».

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Jean-Baubérot est le seul membre de la Commission Stasi à ne pas avoir voulu soutenir l’idée d’une loi réglementant les signes ostensibles à l’école publique. Il milite depuis des années au sein des cercles américains qualifiant la laïcité française d’atteinte à la liberté religieuse en raison de sa loi de mars 2004 et de sa législation anti-sectes. Il intervient notamment au CICNS, un mouvement qui milite pour la reconnaissance des sectes comme « nouvelles spiritualités ». C’est sans le moindre état d’âme qu’il intervient dans l’association neo-soralienne : Fils de France.

Jean Baubérot réclame aussi ouvertement, dans plusieurs de ses ouvrages, une inflexion de la laïcité à la canadienne, pourtant en crise à cause « d’accommodements raisonnables » avec la loi commune ayant favorisé des dérogations voire des privilèges à la demande d’organisations religieuses intégristes. Jean Baubérot intervient aussi volontiers dans les cercles Frères musulmans de l’UOIF. Il n’hésite pas, lorsqu’un chercheur le dérange, à demander qu’il soit exclu de son laboratoire.

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Raphaël Liogier est encore plus radical. Il décrit Alain Vivien (auteur du rapport de vigilance envers les sectes) comme un « grand inquisiteur » et reproche aux féministes un « racisme esthétique » envers le voile. Il est l’un des chercheurs les plus invités dans les cercles pro-sectes ou Frères musulmans comme le Rassemblement annuel du Bourget de l’UOIF.

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Le texte consensuel qu’ils ont rédigé pour soutenir Jean-Louis Bianco masque l’orientation de leur démarche. Il a pu séduire des chercheurs n’ayant pas mesuré l’enjeu de cette polémique. Mais à quelques exceptions près, la liste des 150 chercheurs parle d’elle-même. Elle comporte presque tous les chercheurs les plus contestables du point de vue laïque.

La plupart sont des spécialistes des religions et non des spécialistes de la laïcité. Plusieurs sont partisans d’une la laïcité « ouverte » à la renégociation et au dialogue avec les intégristes (islamistes ou évangéliques).

Au vu de la plupart de ces soutiens et de l’orientation sectaire que prend l’Observatoire de la laïcité, il doit changer de président et de rapporteur ou être dissous. (lien vers la pétition).

Kader ABDERRAHIM, maître de conférences, IEP Paris, chercheur IRIS

En 2006, dans l’une de ses notes à l’IRIS, il ironise sur l’inquiétude des Occidentaux concernant la victoire du Hamas à Gaza a et prédit, au contraire, qu’elle aura un effet bénéfique:

« En Occident, évidemment, le ton était, au mieux à l’inquiétude après les résultats, au pire à la menace. L’Union Européenne demandait des garanties et les Etats-Unis indiquaient qu’ils ne verseraient plus d’aide à l’Autorité palestinienne. En oubliant au passage de rappeler que le projet de démocratisation du Grand Moyen-Orient est né dans le bureau ovale occupé par George Bush. On ne peut pas appeler à une démocratisation du monde arabe et être surpris qu’il s’exprime selon ses critères, pour ensuite contester le choix populaire. Ce qui est frappant, c’est la symétrie des concepts et du vocabulaire employé pour parler du Hamas : souvent qualifié de terroriste, comme le fut l’OLP avant d’être accepté comme partenaire, et ses dirigeants sont souvent diabolisés, comme le fut Yasser Arafat tout au long de sa vie. Il est probable que le Hamas, au contact de la gestion quotidienne se révèle pragmatique et réaliste, et que son évolution l’amènera inévitablement à engager des négociations avec Israël. » *

 

Esther BENBASSA, directeur d’études à l’EPHE (Sorbonne), titulaire de la Chaire « histoire du judaïsme moderne », Sénatrice du Val de Marne

Au moment de la loi de mars 2004, à un colloque aux côtés de Tariq Ramadan, elle reprochait à la France de se comporter avec les Musulmans comme elle s’est comportée sous Vichy avec les Juifs.

 

Pascal BONIFACE, géopolitologue, université Paris-8

Le directeur de l’IRIS, auteur d’un note polémique invitant le Parti Socialiste à préférer l’électorat musulman à l’électorat juif, condamné pour « contre façon » pour avoir plagié un livre de collaborateurs, il est aussi et surtout l’un des chercheurs les plus proches du Hezbollah, du Hamas et des Frères musulmans. Il a  écrit un livre avec le rappeur Médine qui chante « crucifions les laïques ».

Et un autre pour traiter de « faussaires » toute personne ayant contesté sa complaisance envers les islamistes, notamment envers Tariq Ramadan. Son imposture complète a été dévoilée dans un livre.

 

François BURGAT, directeur de recherche au CNRS, IREMAM

Sous couvert de recherche, ses livres militent depuis des années en faveur des Frères musulmans. Pendant les années noires en Algérie, il a pris le parti du FIS (Front islamique du salut). C’est un des intervenants du Rassemblement annuel de l’UOIF.

 

Christine DELPHY, directrice de recherche émérite au CNRS, spécialiste des féminismes

Après avoir été une grande figure féministe, Christine Delphy a été critiquée par la revue ProChoix pour avoir un publié dans la Revue NQF un texte très douteux d’Andrea Dworkin sur les Juifs. Au moment de la loi de mars 2004, elle s’est rapprochée des cercles islamistes, avec qui elle fait désormais des conférences. Elle fait partie des compagnons de route des Indigènes de la République.

 

Eric FASSIN, professeur de sociologie, université Paris-8

Partisan d’une approche antiraciste à l’anglo-saxonne, Eric Fassin a démissioné de la revue Prochoix en raison de son soutien à la loi laïque de mars 2004. Au moment de l’affaire des caricatures, il considérait la démarche de Charlie Hebdo comme raciste et il a expliqué récemment que les agressions sexuelles à Cologne étaient avant tout une lutte de « pouvoir » (ARTE, 2016).

 

Franck FREGOSI, directeur de recherche CNRS, professeur à Sciences-Po Aix, directeur du Master Religions et Société, responsable du certificat Pluralité religieuse, droit, laïcité et société, membre de la commission départementale laïcité et liberté religieuse des Bouches du Rhône.

Il est membre de l’Observatoire du Religieux militant en faveur d’une laïcité plus « ouverte » aux religions et aux mouvements sectaires.

 

Vincent GEISSER, CR à l’Institut de recherches sur le monde arabe et musulman, président du Centre d’information et d’études sur les migrations internationales, directeur de la revue Migrations Société

C’est sans doute l’un des hommes les moins bien placés pour soutenir un Observatoire de la laïcité. Son livre La nouvelle islamophobie est l’un des pamphlets les plus violents écrits contre les laïques. Il amalgame volontairement le droit au blasphème ou même le droit de critiquer les islamistes avec du racisme anti-musumans. Pour lui, les plus grands « islamophobes » sont SOS Racisme, les journalistes algériens et la Mosquée de Paris. Et pour cause, comme un aveu, Vincent Geisser explique qu’il vise en réalité ceux faisant preuve «d’islamistophobie »… mais que le mot était trop long. « Spécialiste de la Tunisie », il s’est pratiquement trompé sur tout sur l’après printemps tunisien et a longtemps soutenu l’approche du parti islamiste d’Ennahdha. C’est l’un des intervenants du Rassemblement annuel de l’UOIF (Frères musulmans).

Lire notamment :  Nouvelle islamophobie ou nouvelle imposture ?

 

Nacira GUENIF, professeure de sociologie, université Paris-8

Auteure de livres exotiques sur les « beurettes » puis d’ouvrages accusant les féministes critiques envers le voile de racisme, Nacira GUENIF est la sociologue du PIR : le Parti des Indigènes de la République.

voir notamment : Les noces enchantées du « post-féminisme » et de l’archéomachisme, à propos du livre  » »Les féministes et le garçon arabe » » (Liliane Kandel)

Camille Rigault 

27 janvier 2016

 

 

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