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Le 8 mars notre ville célèbrera la journée internationale des droits des femmes. Une initiative politiquement pérennisée et prolongée l'année durant par la vigilance et l'action de notre délégation municipale. Il faut s'en féliciter. Cette année, une nouvelle fois, notre cinéma municipal, le Kosmos, présentera un film à l'affiche. Il faut encore s'en féliciter. Mais, car à mon avis il y un a un "mais" à mettre en débat. Ce mais s'attache à faire remarquer que lors de cette journée une place totale aux femmes aurait due être réservée en présentant un film de femmes et non un film sur les femmes! Un film de réalisatrice pour ne pas encore une fois tomber dans l'exclusion - si banale - des femmes dans l'expression de leur condition. Conçoit t-on que pour "défendre" ou présenter l'œuvre de Simone de Beauvoir on fasse appel à exclusivement à un homme si talentueux soit-il? La réponse est évidente. Nous aurons un film sur les femmes par un homme et non un film de femme sur la condition féminine. Le symbole est fort. C'était aussi un moyen pour mettre en exergue que malgré certaines avancées, le cinéma reste un milieu où l'égalité entre hommes et femmes reste au stade du scénario. Jugez-en: Naomi Kawase et Alice Rohrwacher ont été les deux seules réalisatrices à présenter un film en 2014 au Festival de Cannes, aux côtés de seize réalisateurs. Il n'y en avait qu'une en 2013 et aucune en 2012. Un fait symbolique qui va dans le sens de l'étude de mars 2014 du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) sur la place des femmes dans l'industrie de cinéma en France. Comme les États-Unis, la France ne fait pas figure de bon élève.

Le CNC, qui subventionne la création cinématographique, reçoit davantage de demandes d'aide de la part de réalisateurs que de réalisatrices. En 2012, seulement 39% des demandes de subventions était formulées par des femmes.

Curieusement, les femmes à l'initiative de films ont des ambitions budgétaires moins importantes que leurs homologues masculins: quand une réalisatrice sollicite un financement du CNC, le coût de son film est largement inférieur aux demandes réalisées par des hommes. Ainsi, en 2012, les devis déposés par des réalisatrices étaient en moyenne de 3,45 millions d'euros, contre 5,66 millions pour les devis déposés par des hommes.

Une réalisatrice gagne 32% de moins qu'un réalisateur

Comme dans la société française, les femmes sont défavorisées sur la question des salaires dans l'industrie du cinéma. Plus les femmes ont un poste élevé dans la hiérarchie, plus l'inégalité salariale est importante. Alors qu'en moyenne une réalisatrice a un salaire inférieur de 32% par rapport à celui d'un réalisateur, l'égalité est presque atteinte pour les postes de chargé de production, de régisseur ou de figurant.

Le réalisateur est un homme. La costumière une femme. Ce stéréotype semble encore d'actualité. 87% des costumiers sont des femmes, alors que 22% d'entres elles, seulement, sont réalisatrices. Et cette répartition stéréotypée des postes s'accentue pour les cascadeurs, les machinistes, les perchistes ou les électriciens. D'ailleurs, moins nombreuses, les cascadeuses ont en moyenne une rémunération supérieure à leurs collègues masculins.

Entre 2008 et 2012, le nombre de films en France réalisés par des femmes a néanmoins augmenté de 43%, passant de 43 à 61. Ceux réalisés par des hommes n'ont augmenté que de 10%, passant de 191 à 210. Concernant les budgets des films, sur cette même période, l'augmentation est de 3% pour les films réalisés par des femmes (de 3,34 à 3,45 millions d'euros), contre une diminution de 22% pour ceux réalisés par des hommes (de 7,25 à 5,66 millions).

L'étude produite par le CNC a aussi analysé la place des femmes dans le CNC lui-même. La parité est instituée pour les membres du comité de direction de cet établissement public, indique l'étude. Mais il ne faudrait pas se réjouir trop tôt. Quarante pour cent des personnes siégeant dans les commissions du CNC sont des femmes et seulement trente pour cent des postes de présidence leur sont attribuées.

Pour terminer sur le sujet le sujet du film est très réducteur de la condition féminine en voulant certes poser un droit à une femme d'exercer un métier pour subvenir au quotidien et à l'avenir de ses deux filles. Mais le progrès pour les femmes sans vouloir être désobligeant n'est pas le travail salarié consenti pour devenir femme de ménage. Il est dans l'éducation pour sortir de ces stéréotypes. 

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