Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

L'exemple belge de la grève générale déclenchée dans les services publics fait l'objet dans nos médias officiels d'un grand silence pour mieux stigmatiser dans l'union publique que notre pays serait celui des "excès", des "prises d'orages" sociales...
Eh oui notre Belgique voisine voit un climat social fort dégradé depuis des mois. Des actions touchaient hier mardi 31 mai la plupart des entreprises publiques et administrations belges pour un nouvelle journée de mobilisation contre la politique d'économies du gouvernement. Mouvement prolongé aujourd'hui. Les syndicats dénoncent les restrictions budgétaires auxquels sont soumis les services publics. Recul de l'âge de la pension, non remplacement du personnel retraité, économies sur les moyens de fonctionnement... Le dernier exemple en date mis en exergue par les syndicat est cette une nouvelle salve de 402 millions d'euros d'économies dans les départements fédéraux ( la Belgique est un état fédéral ), dont celui des Finances est le plus touché (138 millions). Les manifestations et les mouvements de grève s'inscrivent dans un plan d'action annoncé par un front commun syndical constitue depuis début mai. C'est l'ensemble des services publics belges qui sont en grève et déjà une grande journée nationale est prévue pour le 24 juin. 
Ce qu'il faut savoir c'est sur les belges ont aussi leur loi qui cherche à flexibiliser le marché du travail. Au menu la dérégulation du temps de travail avec texte d'inspiration libérale dont les promoteurs développent un argumentaire rappelant fortement celui du gouvernement de Manuel Valls et contre lequel, à l'instar de leurs voisins français, les opposants belges s'organisent. Seule différence c'est que le gouvernement belge est de droite alors que le notre est soi-disant de gauche. 


Au coeur de la contestation chez nos amis belges on trouve la dérégulation de la durée hebdomadaire du travail. En effet la Loi Travail belge prévoit ainsi l'annualisation généralisée du temps de travail, qui respecterait néanmoins une durée journalière de 9 heures et hebdomadaire de 45 heures, contre 38 actuellement. Autre sujet de courroux : des mesures précarisantes telles que l'instauration d'un contrat à temps partiel sans indication d'horaires de travail et un contrat intérimaire à durée indéterminée. Depuis l'annonce de ces mesures, le gouvernement de droite fait face à une colère montante et la mobilisation syndicale belge prend de l'ampleur. En Belgique le syndicalisme est beaucoup plus implanté qu'en France, avec un taux de syndicalisation de 55% en 2013. Les trois grands syndicats (FGTB, lié au Parti socialiste, la CSC au parti centriste chrétien et la CGSLB au centre droit) ont mis sur pied un plan d'action commun. Après la manifestation du 24 mai dernier le mouvement à pris de l'ampleur avec les mobilisations actuelles et une grève générale est prévue fin juin, tandis que plusieurs futures mobilisations sont déjà décidées pour septembre et octobre. Un automne chaud!

Et fait nouveau à l'instar de Nuit Debout un mouvement social belge plus spontané est en train de prendre forme. Il prend le nom de "L'Union des bloqueuses et bloqueurs des 45 heures" et rassemble des "jeunes, précaires, travailleur.se.s dans ou hors emploi, étudiant.e.s, allocataires, syndicalistes" qui sont "révoltés par le projet de loi du Ministre de l'Emploi Kris Peeters" qui est "un pas de plus vers la flexibilité totale du marché du travail rêvée par les patron.e.s et les politicien.ne.s". Cette Union se veut une coordination d'assemblées locales démocratiques où se réunissent celles et ceux qui veulent bloquer cette loi et son monde par tous les moyens nécessaires. On peut se prendre à rêver à une convergence franco-belge des luttes! 

Partager cet article

Repost 0