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La semaine dernière, de passage à Vezelay, hormis la tradition qui vous mène au portail ouvragé de la basilique, il y a un itinéraire que j'ai emprunté avec un frisson d'émotion en pensant aux "Cahiers d'art"  ( link ) et à leur galerie de la rue du Dragon à Paris. Un itinéraire qui vous fait sortir de Vézelay pour rejoindre à 3km5 le lieu dit de la Goulotte où Christian et Yvonne Zervos vinrent s'installer tant pour travailler et recevoir les amis que fuir le Paris mondain des années 30 qui ressemble à s'y méprendre à celui de nos contemporains.

La maison de Christian Zervos! : un abîme de solitude et de murs léchés par les traces du laisser aller de l'institution qui y déploie quelques expositions convenues, sans grande audace et surtout en aucun lien réel avec l'âme de son créateur. Décidément Zervos ne l'habite plus et sa mémoire est bien absente. Les traces de sa présence se sont éternellement délitées. Il me fallait absolument marquer le fait que le couple Zervos demeurait dans mon esprit en ce lieu - fabrique d'intelligence - et tel Francis Picabia dans un geste de révolte et de défi au pied d'un prunier du pré attenant à la demeure j'ai volontairement pris la décision de dérober une prune de ce jardin des délices perdus comme une transgression.  Geste illusoire mais puissant de sens comme un "event" brechtien ou filliouesque. Une prune du jardin de Zervos à croquer pour saluer sa mémoire.

 

 

m-Tabanou-derobant-la-prune.jpg 

                        michel tabanou dérobant une prune du jardin de Chrstian Zervos - photo B. Lemaine 2010

Tag(s) : #CULTURE

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