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A un jour près c’était son cinquantième anniversaire ! Je n’ose imaginer l’étendue de la création ! La rétrospective Jean-Michel Basquiat est un chef-d’œuvre d’une absolue rage de vivre. Aidé par le speedball qui accéléra sa déambulation urbaine, il brûla toute son énergie tout en construisant son mythe. Le roi couronné a régné durant 8 années d’expression libre, rageuse dans sa dimension christique et autodestructrice. Il s’est défait de toutes les normes, des règles dominantes par le fait d’être noir – le premier artiste noir américain – et a marqué son territoire, ses toiles de messages codés – en grilles – en cases – sur le racisme. Mais il est également dans l’état second où le porte la drogue. Il se peint exacerbé dans des portraits émaciés, écorchés, aux bouches en rictus ou les dents en façade monstrueusement carnassière ! Les yeux sont exorbités, les cheveux tendus, électrisés. Portraits anatomisés, viscères à nus, comme souvenir de l’accident d’enfance et du livre d’anatomie offert par sa mère à l‘âge de huit ans.

 

Il parcourt New-York, le monde noir de la boxe et celui du jazz dont il se sent le héraut. Se jouant des lettres et des signes de son époque, empruntant aux néons, à la BD, aux dessins animés, à la signalétique, aux marques, à la publicité omniprésente, à la poésie urbaine comme aux peintures primitives, à l’art africain ou encore aux croyances vaudou, sa technique a tressé des liens pour mieux souligner ce qui se jouait pour les noirs dans la musique, dans le sport à cette époque : un match important entre le regard porté par les blancs sur les nègres et la faculté de ces derniers à s’imposer - quitte à s’y brûler - à une société du spectacle qui les considère encore comme une curiosité, une étrangeté que l’on peut enfin faire fructifier…

 

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L’œuvre partagée avec Andy Warhol m’a laissé un goût d’inachevé avec ce cannibalisme où chacun tente d’absorber  l‘autre avec cette double désagréable impression que le vieux Warhol espère se refaire et que le jeune Basquiat se plaque sur l‘œuvre de son aîné pour s’imposer. Il reste qu’il faut vite décoller de notre approche de l’œuvre cette image du couple Basquiat Warhol, du noir aux cheveux fous au blafard grisonnant de la Factory.

Je suis revenu bouleversé par l’œuvre majeure de Jean-Michel Basquiat et garde précieusement mémorisé ce tableau où ses bras se tendent vers un idéal pour le dépasser...Un appel intérieur pour se libérer.

 

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          avant de se faire happer par la camarde...

 

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Tag(s) : #CULTURE

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