Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Voici joint un soutien avec son autorisation expresse.

 

 

Le photographe polonais Gregor Podgorski, installé en France depuis 1984 a l’habitude de mettre en scène des hommes, femmes et enfants nus dans différente postures, c’est son créneau. Chacun peut y trouver une certaine esthétique, il n’y a pas là une exploitation spécifique du corps de la femme ou dégradante pour l’individu.

Je sais par ailleurs, qu’il a voulu par certaines actions transmettre un message. Lorsqu’il exposé un travail d’une centaine de photographies intitulé « la rage de vivre » représentant des femmes en rémission d’un cancer du sein. Là, je dirais « bravo, le thème est porteur d’espoir, je lui attribue une connotation positive. »

Cependant, une autre image de cet artiste m’interpelle et me dérange ; issue d’une collection « Femmes révélées, femmes effacées et les autres », deux représentations d’une même femme se côtoient : la première en burqa, l’autre entièrement nue. Les yeux du modèle entièrement nu ont été arrachés et placés sur le second. Cette image a fait couler beaucoup d’encre et il s’en explique ainsi : « Lorsque je suis arrivé de Pologne en 1984, le voile intégral était inexistant en France, …. Aujourd’hui, de plus en plus de femmes le portent. J’ai donc cherché un moyen d’exprimer ma désapprobation. Je voulais répondre à cette violence avec la même violence.»

De tous temps, les artistes ont usé et abusé de la provocation pour interférer sur les mœurs et faire évoluer des comportements trop rigides, trop radicaux mais pour moi, il s’est complètement planté et s’est avéré nuisible aux idées qu’il prétendait défendre. Gregor Podgorski ne pouvait ignorer qu’une telle image ne pouvait qu’être sortie de son contexte, et exploitée autant par les intégristes de tous bords et autres qui ont  saisi au vol cette opportunité gratuite de se livrer à leurs plus bas instincts.

C’est impardonnable pour un professionnel de sa notoriété qui a voulu user de sa force médiatique car cette photographie a été reçue comme une réponse intégriste, fascisante et irrespectueuse de la femme. Elle a stigmatisé les comportements et  donné une image dévalorisante de son auteur.

Alors qu’il est difficile dans notre société faire comprendre l’enjeu de la laïcité et des valeurs humanistes, il est important que les plus fragiles ne soient pas poussés vers ces raccourcis de pensées, marqués par des flashs qu’on imprime  dans leur esprit les invitant à une réaction au premier degré.

Je crois qu’il est préférable de s’adresser aux esprits autrement, par la pédagogie et l’explication. Même si certains disent encore que la France est la fille aînée de l’église, il n’y a plus de crucifix dans les écoles de la République. Notre société a fait des efforts importants pour que ne soient pas imposés à tous des signes religieux ou pseudo-religieux. C’est à nous d’expliquer que ce n’est pas pour que d’autres y soient substitués et que la tolérance ne doit pas se faire aux dépens de l’universalisme. C’est à ce prix seul que la liberté de chacun peut être préservée. Nous appartenons tous à des communautés de toutes sortes mais que cela reste du domaine de la sphère privée et que nous nous retrouvions dans la sphère et l’espace public qu’autour de ce qui nous rassemble.

Quant à Grégor Podgorski, je lui dirais volontiers:

  • que puisqu’il laisse à d’autres le soin d’apaiser les escalades et les affrontements communautaristes,
  • que si il n’est pas capable de se porter dignement et d’une manière responsable sur le terrain politique, qu’il se cantonne à son art et ne délivre plus de message !

 

Guy TARALLE

DDEN

 

Tag(s) : #Fontenay

Partager cet article

Repost 0